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Coldplay, since 1830
Le moment révolutionnaire de 1830
Trois jours révolutionnaires au cours desquelles les barricades parisiennes font chuter Charles X, frère de Louis XVI. Aux cris de « Faisons comme les Français » les Belges arrachent leur indépendance par les armes aux Hollandais. Italiens, Polonais et Allemands se révoltent au même moment dans leurs États. Pour les monarques traditionnels d'Europe, c'est un retour de 1789 qui effraie surtout par le risque du retour de 1793. Pourtant rapidement cette révolution s'arrête, la monarchie reste en France, les autres révoltes sont plus ou moins écrasées et cette révolution semble avoir eut lieu pour rien. Une pâle copie de 1789, faible contraction annonçant 1848. Il n'en est rien, 1830 reste un tournant majeur du XIX° siècle.
Les Trois Glorieuses
Comme en 1789, la révolution naît à Paris de l'impossibilité d'une réforme, du blocage de la monarchie à se réformer. En France, depuis la chute de Napoléon, la monarchie fut restaurée avec les deux frère de Louis XVI : Louis XVIII puis Charles X. Cette monarchie restaurée avait tenté d'effacer les souvenirs de la Révolution par une certaine propagande (cérémonies funéraires en hausse pour enterrer ce souvenir, …). Mais impossible de réellement l'effacer, sous ses aspects d'Ancien Régime, la Restauration garde certains des aspects de 1789 comme la Charte est en fait une Constitution. La nation est représentée par des députés élus dans la Chambre Basse, le roi partage son pouvoir législatif et l'égalité civile était maintenue, la société des Trois Ordres était enterrée, les Français étaient égaux devant la loi et l'impôt. De plus au début de la Restauration la plupart des libertés politiques étaient maintenues comme la liberté de presse. On a donc une monarchie libérale et constitutionnelle.
Dans les années 1820, Charles X avait tenté un tournant conservateur un forme de contre-révolution. Il avait renié sur la liberté de la presse, redonné toute sa place à l'Église catholique, cherché à indemniser les nobles émigrés, … Toutes des réformes contre-révolutionnaires s'étaient vues opposer la fronde des libéraux de remettre des libertés en place. Or cette tendance libérale était largement majoritaire à la Chambre des députés et elle se heurtait au gouvernement ultra-royaliste. Le roi décide de forcer malgré tout en refusant de réformer. En avril 1830, après que la chambre lui est adressé un texte assez critique sur sa politique (Texte des 221), le roi dissout la chambre, relance une élection avec une nouvelle chambre de libéraux. S'appuyant sur un texte peu clair de la Charte (au nom de la sureté de l'État), le roi s'empare des plein pouvoirs, notamment le législatif et dissous de nouveau la Chambre, modifie la loi électorale, exclut une partie des bourgeois et enterre la liberté de la presse. L'ordonnance de Saint-Cloud illustre ce coup de force du roi.
Malheureusement, ce coup de force politique prend place dans un climat de tensions sociales. La France est dans une crise économique avec beaucoup de chômage. Il y a donc un terreau social qui n'explique pas la Révolution mais qui est nécessaire à la réalisation de celle-ci. Les journalistes libéraux comme Adolphe Thiers appelle à se révolter contre les ordonnances de Saint-Cloud. Cet appel prend un réel écho dans Paris où le peuple est fortement au chômage. Politique et social se combine pour lancer la Révolution. De plus, les journaux veulent publier l'appel des libéraux, le roi refuse, envoie des troupes fermer les imprimeries des journaux. Ceux-ci détruisent les presses, tabassent les ouvriers du livre, affrontements terribles avec son lot de victimes, … En quelques heures Paris se soulève.
Les combattants de juillet sont surtout des gens du peuple, même niveau social que les Sans-culottes, sorte de sommet des classes populaires (petits artisans et leurs ouvriers, petits commerçants, …). Ces hommes qui étaient parfois Sans-culottes en 1789 ou fils de Sans-culottes, furent aussi soldats sous l'Empire et ont l'expérience du combat, ils prennent alors la tête des opérations militaires. Il y a quelques étudiants aussi mais moins qu'on n'a pu le dire puisque les étudiants provinciaux sont rentrés chez eux. On trouve aussi quelques bourgeois qui s'organise en reformant des compagnies de la garde nationale, milice bourgeoise de maintien de l'ordre qui en 1827 passa en revue devant le roi en criant « A bas les ministres », elle venait donc d'être licenciée mais le roi leur avait laissé fusils et uniformes. Ces anciens bourgeois relancent donc ce mouvement comme s'il ne s'était rien passé. Leur objectif est de protéger les biens populaires contre les pillages du peuple. La lithographie représente pourtant toujours des polytechniciens, des membres de la Garde Nationale et des ouvriers. On a deux bourgeois et un ouvrier ce qui ne ressemble pas à la réalité sociologique de l'émeute, il s'agit surtout d'identifier des types de combattants rassurant, on exalte la figure de l'ouvrier équilibré par la représentation rassurante du pouvoir de la bourgeoisie en uniforme.
Ce qui se joue cette année là est bien l'alliance du peuple, des classes populaires et de la bourgeoisie. C'est l'alliance des classes, union des élites et du peuple qui légitime la Révolution : le Tiers se reforme pour renverse le tyran.
Une nouveauté émerge pourtant malgré tout dans cette Révolution : la barricade. Les premières décelables sont en prairial an III, elle doivent arrêter les forces de l'ordre, jeter des objets des fenêtres et tirer sur les soldats. Dans la première nuit, 300 à 350 barricades apparaissent. Pourquoi cette apparition subite et soudaine ? Au XVII° siècle, Paris s'était soulevée contre le roi en barricadant la ville pour empêcher l'entrée des troupes du roi. Or l'histoire de la Fronde et de Paris barricadée est très racontée dans ces années là. En effet, l'histoire de France est refaite au XIX° siècle et les journalistes historiens magnifient le rôle des bourgeois, par entre autre cette histoire de Fronde. De plus, les soldats anciens militaires connaissent les barricades comme stratégie militaire établies au front. On a donc un pullulement des barricades surtout dans les rues étroites et la barricade devient le symbole de cette Révolution. Elle devient un des outils privilégiés dans toutes les révoltes au cours du XIX° siècle (1848, Commune, autres pays, mai 1968, révolutions arabes, …).
Un autre symbole qui réémerge c'est le drapeau bleu blanc rouge. Et tout ces symboles se retrouveront dans le tableau le plus célèbre de l'époque, La liberté guidant le peuple de Delacroix.
Le 29 juillet 1830 l'armée évacue la ville en laissant 700 morts parisiens et 2000 blessés. Charles X fuit et un gouvernement provisoire s'installe à l'Hôtel de ville. 1789 semble revivre avec les insignes de la monarchie arrachées. Partout des journaux apparaissent, des clubs se créent, on se prénomme citoyen dans la rue. Mais il faut encore remettre un régime en place. Les choix étant un retour de l'Empire, un retour de la République (les Républicains sont nombreux dans les combats et prennent la tête des municipalités d'arrondissements, mais ils ne croient pas à ce régime à cause du souvenir encore par trop présent de la Terreur, de plus les libéraux sont pour une monarchie libérale et non une République) ou la solution des libéraux une monarchie libérale. Très vite ils savent qui sera l'homme à la tête de cette monarchie : le Duc d'Orléans, cousin de Charles X, descendant du Louis XIV, légitimité dynastique maintenue et ancien jacobin comme son père qui avait voté la mort de Louis XVI. Le Duc d'Orléans avait de hauts faits d'armes, il avait émigré en 1793 mais n'avait jamais rejoint les armées de la Révolution. Depuis le retour de la monarchie en France, il vivait loin de la cour au Palais Royal où il tenait salon avec les grands libéraux du moment. Thiers fait publier une affiche avec ses faits d'armes, on va le chercher dans son logis de campagne. Le 31 juillet 1830 il traverse Paris à cheval mais rien n'est sur. C'est lors de la scène du balcon avec Lafayette qui entoure le roi du drapeau bleu blanc rouge et qui marque son acceptation. L'image d'épinal qui en découle tient au fait que ce roi n'est pas légitime au sens traditionnel et c'est par l'acclamation populaire sur le balcon qu'il est légitimé.
Le 9 août 1830, les députés ont révisé la charte constitutionnelle et oriente la monarchie dans un sens plus libéral, l'article sur les plein pouvoirs est détruit, les Chambres en récupèrent plus de pouvoir, la religion catholique est supprimée comme religion d'État, Louis-Philippe devient roi des Français et non de France, il n'est pas sacré, il prête serment sur la Charte, …
« Faisons comme les Français »
En Europe après la chute de l'Empire, les monarchies traditionnelles avaient été restaurées (Congrès de Vienne), or elles étaient contestées par des mouvements libéraux et nationaux car le traité de Vienne avait rétablit les anciennes frontières au mépris des aspirations nationales nées de la Révolution et de l'Empire. Les Allemands divisés en 39 États rêvaient de réunir Germania, les Italiens en huit États souhaitaient une indépendance de l'Autriche et d'une unité, les Polonais découpés entre Russes, Autrichiens et Polonais voulaient leur autonomie, au même titre que les peuples dans l'Autriche.
Ce qui se passe à Paris réveille le sentiment révolutionnaire en Europe. D'abord la Belgique catholique incluse sous domination des Hollandais protestants. Deux raisons les poussent à refuser cette situation : la religion et le commerce. Pour la seconde, la bourgeoisie belge avait des relations intenses et fructueuses avec la France, mais les Hollandais ont une politique protectionniste qui bloque cela. A la veille de la révolution, les libéraux et les ??? sont alliés. Le 25 août 1830 ont donne un opéra La muette de Portecci de Hober, mais depuis deux jours, des tracts circulent pour se révolter et les Belges y vont avec un petit drapeau belge. L'opéra éveille en eux le sentiment révolutionnaire et pour appeler le peuple, pillent un magasin de jouets et utilisent les tambours. Bruxelles se soulève et la Révolution gagne les provinces belges et finit par défaire les troupes hollandaises. L'indépendance est proclamée, le suffrage censitaire est instauré et la monarchie libérale qui en sort est très proche de la monarchie française. C'est un prince allemand qui prend le trône et se marie à la fille de Louis-Philippe.
A Varsovie, les Polonais se soulèvent contre les Russes. Dans les cantons suisses, des libéraux prennent les armes. Des têtes couronnées chutent (Duc d'Allemagne, Duc de Modène). La Révolution semble devenir européenne. L'Espagne et le Portugal demandent des monarchies sœurs. Les Polonais attendent l'aide française, mais Louis-Philippe refuse car il ne veut pas risquer la guerre ouverte avec les cours européennes.
Une Révolution pour rien ?
Le reflux révolutionnaire est très rapide avec un écrasement des révolutionnaires. La violence de la répression est forte. De même en France où les premières lois mettent un frein à la Révolution : suffrage limité (avec exclusion de 90% des hommes), l'État refuse d'intervenir dans le libéralisme économique, …
Très vite de cette déception naît une agitation politique et sociale qui prolonge la dynamique révolutionnaire pour réveiller la Révolution, mais le pouvoir l'écrase avant qu'il n'y ait propagation. L'alliance des bourgeois et du peuple est brisée. Dans la rue à Lyon, en novembre 1831 et à Paris en juillet 1832, les ouvriers sont d'un coté de la barricade et les bourgeois de l'autre.
La Révolution a donc juste proclamé le libéralisme souhaité par les bourgeois. De façon significative, les discours mémoriaux évoluent, on passe de 1789 à la Glorious Revolution anglaise (retour d'un roi et qui donne son nom aux trois journées).
Une vraie rupture
La tradition historiographique marxiste a fait passé 1830 pour un petit soubresaut sans conséquence. Mais 1830 a réhabilité la Révolution comme mode d'action politique. 1789 avait délégitimée le peuple, mais 1830 fait l'effet inverse puisqu'elle fait la preuve que la Révolution peut renverser le tyran sans violence excessive, sans précipiter l'Europe dans la guerre, sans faire de retournement sociaux. Pour les élites, c'est la preuve de faire 1789 sans 1793. Les mouvements libéraux et nationaux en France comme en Europe qui ne rêvaient pas de Révolutions dans les années 1820 mais d'actions coup de poing dans le plus grand secret, désirent désormais des Révolutions. La Révolution est revenue dans les attentes des peuples et des élites.
D'autre part, juillet 1830 en France à modifier l'échiquier politique. Les contre révolutionnaires (les ultra-monarchistes) sont définitivement écartés du pouvoir, la noblesse qui redevenait une aristocratie en récupérant des postes privilégiés est effacée. Les contre-révolution est désormais disparue. Les libéraux arrivent donc au pouvoir et ayant exclu la droite ultra-monarchiste, une place émerge pour de nouveau courants à gauche. C'est donc l'apparition des démocrates, des républicains avec une image bien plus modérée et du socialisme avec l'apparition d'un véritable mouvement ouvrier surtout depuis l'évènement à Lyon. C'est la rencontre entre socialistes et ouvriers. Le socialisme gonfle, se donne une base sociale, réclame une revendication sociale, … 1830 achève définitivement 1789 et donne naissance au mouvement ouvrier qui va chercher à achever 1793.

Robespierre
La Terreur
Mise officiellement à l'ordre du jour le 5 septembre 1793 mais elle est précédée d'une politique déjà exceptionnelle de suspicion et de répression. Des formes de terreur sont donc déjà en place. Dés le printemps 1793, la Vendée devenant problématique, la Convention prend des mesures contres ces mouvements d'antirévolution et de contre-révolution. On trouve donc le Tribunal extraordinaire qui doit juger uniquement les contre-révolutionnaires. Ils peuvent avoir des défenseurs, passent devant un jury populaire nommé (et non tirés au sort) et prennent leurs d
écisions à haute voix. Leurs décisions sont sans appel et sans cassation. De plus tout suspect pris les armes à la main qu'il s'en serve ou non doit être condamné à la peine de mort. Des formes de justice extraordinaire (déjà en place avec la loi martiale).
Cela se radicalise pourtant avec l'apparition de comités de surveillance faite de révolutionnaires radicaux qui doivent établir des listes de suspects et délivrer des certificats de civisme. Les représentants en mission étaient envoyés par la Convention. De même des armées révolutionnaires étaient formées de militants payés pour pourchasser les ennemis intérieurs, …
La Terreur est très inégale localement, elle dépend de la personnalité du représentant en mission. Plus la situation locale est tendue, plus la Terreur est violente (en Vendée à Nantes surtout où siégeaient Carrier et à Lyon aux prises avec des fédéralistes et sous l'égide de Collot d'Herbois). A Nantes, Carrier fait arrêter 3 000 suspects, condamnés à mort et plutôt que de les fusillés il organise des noyades. A Lyon ils se font tirer dessus par des canons de républicains. A Paris, le tribunal devient de plus en plus sévère et expéditif. En juin 1794
ne reste que deux possibilités : l'acquittement ou la mort, la seconde étant privilégiée. Danton ou Desmoulins commencent à critiquer ce régime, ils sont suivis des Indulgents. Les premiers touchés par la Terreur sont les nobles et les prêtres réfractaires (Marie-Antoinette en 1796). Sont ensuite éliminés les Girondins (Brissot, Olympe de Gouges, …) puis les Fédéralistes qui avaient rejoints l'anti-révolution et en octobre 1793, tout les suspects censés agir contre la Révolution sont éliminés. Viennent ensuite ceux qui critiquaient la terreur, les Indulgents (Danton, Desmoulins), puis les Enragés et les Hébertistes, les plus radicaux en matière de revendications sociales, et enfin les Robespierristes en juillet 1794.
Quel bilan reste-t-il ? On doit distinguer la Vendée et la terreur qui sont bien différentes. La guerre de Vendée à produit 150 000 à 200 000 morts mais dans un contexte de guerre. Les horreurs de la guerre se retrouvent alors, puisque les armées républicaines sont celles d'Ancien Régime et massacrent tant les ennemis que les civils. La Terreur semble avoir établit 35 000 victimes e
t c'est une situation qui va nuire durablement à l'an II et à la Révolution en général. On a donc un écœurement général de la population. La guillotine devait être déplacée pour des raisons d'hygiène suite aux quantités de sang qui coulaient.
Les historiens conservateurs (tel Furet) parlent d'une Terreur comme dérapage qui a fait basculé la Révolution dans une période sanglante. On mélange la Vendée et la Terreur, on maximise les chiffres, on parle de génocide vendéen, … Contre cela, les autres historiens ont montré que la violence a toujours été très présente dans la Révolution, que les rouages de cette Terreur commencent avant juin 1793 et continuent après. Elle n'est donc pas intrinsèquement liée à la Révolution montagnarde et donc à la Révolution sociale. Furet a donc répliqué que toutes les révolutions sont donc effectivement violentes et compara Robespierre, Staline et Polpot. Ces formes de violences sont pourtant le fruit d'un contexte et si on prend cet argument, tout les régimes sont violents. Ac
centué la violence révolutionnaire c'est manipulé l'histoire.
Quels sont les responsables de la Terreur ? Une historiographie montra que la Terreur était le fruit d'une minorité d'individus au pouvoir qui était assoiffé de sang. A la tête de cela on monte Robespierre et en face de lui Danton et Desmoulins. Pourtant Robespierre ne pouvait être le seul à décider, les comités ??? étaient plusieurs à voter, la présence des acteurs locaux étant tout aussi importante, … Chargé uniquement Robespierre n'a pas de sens historiquement. Le dernier épisode de la Terreur étant la chute de Robespierre, ces partisans sont alors isolés après les éliminations de leurs adversaires. Une coalition se monte contre eux, ce ne sont pas les modérés qui font tomber les Robespierristes mais les montagnards qui se divisent et une branche poussant la Plaine à voter l'arrestation de Robespierre. En juin - juillet 1794, une campagne contre Robespierre en fait le « roi de la Révolution », le « fils de Dieu », … d'autant plus simple qu'il est malade et absent pendant plusieurs semaines. On arrive donc à l'arrestation des frères Robespierre, de Saint-Just et d'autres. Robespierre tente de fuir avec la protection du chef de la garde nationale qui le protège. Il se refuge avec la protection des Sans-culottes dans l'hôtel de ville. La Conv
ention arrête le chef de la garde nationale, fait entrée ses troupes, et tire sur Robespierre. Cela fut accélérer par le fait que Robespierre n'avait plus d'appuis, la garde nationale arrêta bien vite son soutien, les Sans-culottes se sont vengés de la mort des Hébertistes.
La Terreur avec son sinistre et affreux bilan ne doit pas faire oublier les progrès de l'année 1793 même si cette terreur n'est pas à minimiser. L'œuvre politique et sociale qui en découla fut réclamée tout au long du XIX° siècle. Ceux qui ne garde en mémoire que la terreur sont les contre-révolutionnaires et des libéraux conservateurs, puisque ce qui effraye surtout ces deux groupes ce sont les nets progrès sociaux plus que la Terreur.
Thermidor puis le Directoire : « la République sans la Révolution »
1794 – 1799
Cette phrase utilisée par les historiens est l'inversion d'une phrase de Robespierre qui sous pression des Sans-culottes et peur des Girondins avait prononcé la phrase inverse. Certains auteurs ont tendance a arrêter la Révolution en 1794. D'autres préfèrent voir une continuité dans la disparition d'une politique économique et sociale en renouant avec le libéralisme politique et économique. L'œuvre révolutionnaire est donc prolongée. Ces années sont celles qui sont le moins connus de la Révolution Française. On considère que ces années là amènent progressivement à l'émergence de Bonaparte. La cohérence de cette période vient d'un solution modérée entre la radicalisation de la Révolution et la contre-révolution. Ce choix est soutenu par une bourgeoisie possédante qui a accédé au pouvoir avec l'abolition des trois ordres. Cette bourgeoisie redoute les progrès sociaux et les revendications populaires qui pourraient remettre en cause leurs propriétés. Sans les nobles et les classes populaires, la Révolution devient molle. Le même personnel politique va alterner durant cette époque (directoire ou thermidor, les hommes politiques sont proches) et ce pourtant malgré les votes des individus qui portèrent tantôt plutôt à droite ou plutôt à gauche de nouveaux hommes politiques, mais jamais cela ne fut retenu, on brisa les élections.
Thermidor (1791 – 1795)
La Convention fut systématiquement mutilée par élimination progressive de son personnel (Girondins, Hébertistes, Robespierristes, …). Ne reste donc que les membres de la Plaine et ceux enfermés en prison. Jusqu'en 1795, on a donc toujours une même assemblée composée du personnel politique restant. Les Thermidoriens ne sont pas ceux qui ont renversé Robespierre, mis à l'écart, mais les autres, le ventre mou.
Sortir de la Terreur ?
Leur objectif principal et immédiat est d'arrêter la Terreur, mais pourtant elle va continuer malgré tout. L'assemblée va donc s'en prendre aux derniers montagnards : les Crêtois. En Germinal et Prairial an III, on a la dernière assemblée révolutionnaire, la dernière intervention des Sans-culottes dans la rue et à ce lendemain, on fait arrêter et guillotiner les Crêtois.
La violence ne désarme pas et à la violence d'État s'ajoute la violence privée avec un déferlement de cette violence, appelée la terreur Blanche (opposée à la Terreur Rouge Robespierriste). C'est une vendetta de ceux qui sont libérés de prison sur leurs anciens geôliers. Les actes isolés vont cependant devenir des bandes armées organisées avec des nuits d'attaques nocturnes. La contre-révolution s'en empare et s'en sert avec des nobles dans la Compagnie de Jésus, qui se mettent à la tête de la Terreur Blanche. Cela aboutit rapidement aux massacres collectifs, particulièrement dans les endroits où on avait violemment subit de la Terreur : à Lyon, on tue tout les anciens montagnards dans les prisons, à Aix, à Nîmes avec une connotation religieuse. Il y a une torture très présente (crevage des yeux, coupages d'extrémités, …) mené par une jeunesse dorée qui prolonge ces attaques nocturnes : les Muscadins. Les anciens qui étaient en prison (des Girondins surtout se retrouvent sur les bancs de l'Assemblée). Les Fédéralistes partis peuvent revenir et récupérer leurs biens, les Réfractaires retrouvent leur liberté de culte, … Les exilés de 1793 reviennent, le tribunal exceptionnel est supprimé, on remplace les représentants en mission et on épure le Comité de Salut public.
Effacer la Révolution sociale et économique
Par contre on supprime l'œuvre sociale de l'an II. Dés décembre 1794. On a donc une immédiate augmentation du prix du pain, alors qu'on supprime la petite et moyenne paysannerie. Or malheureusement, les cultures ont soufferts du temps de 1794 et donc pillages, agitations, crises reviennent. On abolit la constitution de l'an I, on stoppe la politisation populaire, on efface les sections (48 sections devenant 12 arrondissements). Le club des Jacobins est fermé, … Bref en réaction, ont lieu à Paris les deux dernières journées révolutionnaires le 1 avril et 20 mai 1795. La Convention décrète face aux manifestations l'État de siège à Paris, l'armée peut intervenir dans Paris et va désarmer les Sans-culottes. Le 20 mai, nouvelle journée insurrectionnelle mais les Sans-culottes rentrent dans la Convention s'en prennent à un député, qu'ils égorgent et dont la tête est brandie face aux députés. Les Thermidoriens font des promesses, puis arrêtent les derniers montagnards qui soutenaient les Sans-culottes et les Sans-culottes pour les envoyer à la guillotine sèche. Certains Crêtois marqueront les esprits en se suicidant dans leur prison. Jusqu'en juillet 1830, le peuple n'interviendra plus en politique.
La Terreur n'est donc toujours pas abolie, mais si on ne veut pas revenir à l'Ancien régime et à la monarchie, on veut avant tout conserver un régime méritocratique et libéral.
Le Directoire
La Constitution de l'an III
Rédigée par 11 ???, elle exprime les droits de l'homme et du citoyen ainsi que les devoirs de ceux-ci. Nous ne sommes plus libres et égaux en droit, il faut pour avoir des droits obéir à des devoirs (armée, impôt, …). Le droit à la propriété est réaffirmé, les droits sociaux disparaissent (école, travail, …) de même que le droit à l'association, le suffrage universel, … Seul reste l'abolition de l'esclavage et le recours au référendum constitutionnel.
Pour rompre avec la période précédente et son assemblée, on crée le bicamérisme : Conseil des 500 et Conseil des Anciens. D'autre part, par peur de l'an II, mais aussi de la monarchie. On élit 5 chefs de l'exécutif à qui on assure une tenue particulière pour leur donner une aura. Or par contre, on a oublié ???
Opposition et maintien de l'ordre
Les premières oppositions viennent de la droite, où les royalistes reprennent du poil de la bête. Ils profitent de l'amnistie et de la répression des sans-culottes. Les plus extrêmes sont toujours en exil. Notons que Louis XVII meurt au Temple en 1795 et donc le roi devient Louis XVIII, comte de Provence qui déclare vouloir rétablir l'Ancien régime. La noblesse qui menait la Terreur Blanche va alors tenter une insurrection royaliste en vendémiaire an IV à Paris.
Alors que la Constitution de l'an III venait d'être voté, il fallait élire les deux conseils. Les Thermidoriens conscients de la puissance croissante des royalistes. Mais refusant leur retour, les Thermidoriens prennent un décret qui déclare que dans les chambres qui seront élues, les deux tiers des élus doivent être des anciens conventionnels (sous entendus les Thermidoriens). Ils s'assurent ainsi leur continuité politique qui provoque l'insurrection de 25 000 royalistes encerclant la Convention. Celle-ci fait appel à l'armée qui intervient sous les ordres de Bonaparte qui tire sur la foule. Les royalistes continuent leur résistance par la liberté de la presse qui renforce leur notoriété croissante. Finalement, dans le tiers restant dans les chambres, la moitié est royaliste. Les Thermidoriens ont été fins. Par la suite, les royalistes l'emportent très nettement dans la réélection de 1797, où la loi n'est plus en vigueur. Les directeurs font alors intervenir l'armée, arrêtent les royalistes, les envoie en prison et cassent les élections, lors du coup d'État du 18 fructidor an V (??? septembre 1797).
Les résistances viennent aussi de la gauche. Les Jacobins malgré leur club fermé sont toujours présents et voyant les méfaits du libéralisme se radicalisent et critiquent ces chambres comme Thomas Paine. De plus, après vendémiaire, les royalistes écrasés, les jacobins en profitent pour revenir vu que la Révolution se tournent contre les royalistes. Ils reforment des clubs, demandent un retour aux politiques sociales. Mais leur faiblesse tient de l'absence du soutien du peuple. Menés par Gracchus Babeuf (François Noël, ancien montagnard hostile à Robespierre), ils rédigent le manifeste des égaux et rassemble d'anciens Montagnards et d'anciens San-culottes, c'est un programmes comme celui des Enragés, plus poussé encore, dirigé contre le libéralisme économique et remettant en cause la droit à la propriété privée (sous entendu la collectivisation de terres). Ils deviennent les Partageux ou les Communistes, forment une réorganisation secrète (directoire sacré de salut public) mais seront trahis. On organise un grand procès de Gracchus Babeuf, ce qui lui permet de faire connaître ses idées à tous mais il est guillotiné tout de même. Cependant, ces idées se retrouveront toujours dans les mouvements socialistes du XIX° siècle. En 1798, les Jacobins gagnent plusieurs postes lors des élections, mais le Directoire casse les élections.
On a donc à faire à une période de répression politique intense, de surveillance politique, l'armée intervient dans le maintien de l'ordre pour la première fois, on casse les élections pour la première fois aussi. Le régime s'enferme donc dans une logique d'inégalités qui sauve les institutions ponctuellement mais enferme progressivement la logique politique du Directoire.
L'œuvre du Directoire
A. La conduite de la guerre
Une guerre extérieure avec un embourbement en Allemagne, une débarquement raté en Irlande mais un succès au Nord de l'Italie. Bonaparte revenant d'Égypte victorieux avec des œuvres pillées qui sont utilisées par la propagande. Il provoque un sentiment de fierté nationale dans le pays. Les succès militaires de Bonaparte et du Directoire vont généralement libérer les peuples d'Europe (liberté pour l'Italie sauf pour Venise).
Se forme alors des Républiques sœurs, les monarchies tombent autour de la France (République Batave au Nord de la France, république Helvétique à l'Est, République Cisalpine, République Ligurienne, République Romaine, République de Lucques et République Parthénopéennne en Italie). Ces Républiques n'ont pas été dans une logique préconçue du Directoire. Elles sont nées d'un double mouvement révolutionnaire local (cf les Révolutions après celles de l'Amérique) et du soutien de l'armée française. En échange de ce soutien, elles donnent des hommes et de l'argent à la France et y sont donc soumises. Il y a donc une tendance à l'extension de la révolution française au retentissement dans toute l'Europe. Des déclarations des droits de l'homme sont partout proclamées et s'avèrent toutes démocratiques (surtout la Parthénopéenne) parfois même sociales (droit au travail, suffrage universel, fin de la dîme, drapeau imité du notre, arbres de la liberté, …).
B. Politique économique et sociale
En 1795, les dépenses sont de 16 milliards et les recettes de moins de 2 milliards. On a donc une hyper-inflation des prix, des situations sociales qui se tendent de nouveau.
Les années du directoire sont noires pour les classes populaires, surtout qu'une minorité en profite pour s'enrichir très fortement. Ces Inc'oyables et Muscadins se vautrent dans un luxe outrageant alors même qu'une partie de la population est dans une misère phénoménale.
C. La politique religieuse
Thermidor a mis fin au culte de l'Etre suprême et remis la politique de liberté religieuse mais qui est prolongée en 1795 par la séparation de l'Église et de l'État (pour la première fois). Il y a donc une tolérance religieuse.
Chute du Directoire, fin de la Révolution
Ce qui le fait tomber, c'est ce qui l'a légitimé : un coup d'État le 18 et 19 brumaire an VIII (8 et 9 novembre 1799). Bonaparte par le recours à la force et l'appel au soldat retourne contre le Directoire la politique de celui-ci. Lors de cette chute, aucune réaction publique n'a lieu. La bourgeoisie possédante qui soutenait le Directoire, ne peut plus suffire à le sauver.
Le dessin analysé dans l'introduction
La Révolution libérale : 1789 – 1792
Dessin de David, Serment du Jeu de Paume, 1791
Les États généraux sont réunis à Paris, le Tiers-État refuse la réunion par ordre et ne veux pas être placé sous les ordres privilégiés. Le 17 juin, le Tiers-État s'autoproclame Assemblée Nationale, ce qui provoque la fureur du roi qui fait fermer la salle. Les députés vont alors dans la salle du Jeu de Paume et certains députés proposent de faire un serment : ne se séparer qu'une fois qu'il auront donner une constitution à la France. C'est le Serment du Jeu de Paume, rédigé et signé par tous ceux qui étaient présents, un moment fondateur de la Révolution. C'est Bailly, le doyen du Tiers-État puis maire de Paris qui prononce le serment. Mirabeau et Barnave sont les orateurs. Le député Mounier manque sur le tableau car dès octobre 1789, il laisse tomber la Révolution, furieux de la tournure violente qu'elle prend contre le roi. Robespierre se positionne en exalté. Sur la droite représentant du Tiers-État, un seul député exprime son désaccord : l'idée d'absence de contrainte domine. Au centre : un moine (pas réellement présent), un abbé Grégoire, pasteur protestant. Ce tableau montre la concorde religieuse. L'aristocratie est représentée comme ourdissant de sombres complots. On trouve aussi une allégorie de la vieillesse qui esquisse le geste du serment. En apparence une fête unificatrice, avec une concorde mais de façade lors de sa réalisation.
Causes, origines et enchaînement des faits
Les tensions sociales
A. La société des trois ordres
Cette société est vécue comme injuste, bloquée et complétement obsolète. La tripartion féodale ne correspond plus à grand choses, les nobles ne sont plus ceux qui combattent. La société est très hiérarchisée, cela induit une lecture fiscale de la société (deux ordres qui payent très peu d'impôts) avec des privilèges : droit de chasse, justice différente … Le Tiers rentre par la petite porte au États généraux.
La lecture actuelle des trois ordres est erronée, dysfonctionelle et ne rend pas compte de l'hétérogénéité des ceux-ci. Et pourtant cette société se renforce, connaît une nouvelle jeunesse a la veille de la révolution. On constate une réactualisation de la société d'ordre par les privilégiés qui justifient leurs privilèges, car ils se sentent menacer. Ces réactions nobiliaires et réactions seigneuriales reprennent les vieux droits féodaux. Brandissent des privilèges pour se protéger des impôts du roi. Le tiers utilise la société d'ordre pour dénoncer l'injustice (lithographie : la comédie des trois ordres). Ce genre de représentation viennent essentiellement de la bourgeoisie pour appeler à un désir d'égalité.
B. L'agitation sociale
Tout le siècle est agité d'émeutes jusqu’à la Révolution Française. Les contestations fiscales, de loin la première cause, contre les taxes indirectes, des troubles contre la police, des incidents quand l'État tente de lever des hommes pour l'armée, des émeutes contre les représentants de l'état, des émeutes lors d'exécutions publiques. On assiste à des luttes de subsistance, il n'y a rien à manger. En ville comme a la campagne, le peuple se dresse contre ceux qu'on accuse d'accaparer le pain et la farine (établissement religieux, fermiers, boulangers) 70% de femmes agissent dans ces émeutes. Elles réclament le prix juste, la taxation du pain (prix maximum). De plus en plus de luttes contre les seigneurs ont lieu, tout comme des luttes contre l'individualisme agraire. C'est une forme de conflit du travail classique. La France du XVIII° siècle n'est pas tranquille, les français n'ont pas attendu les Lumières ou la Révolution Américaine pour se soulever et revendiquer des droits.
Une monarchie en crise
Le déficit économique est important. Sous l'influence et les conseils de Necker et de Turgot, le roi a bien conscience que la solution est une réforme fiscale, il envisage alors d'imposer les privilégiés. Il tente donc plusieurs réformes et impôts, mais échoue face à la résistance des privilégiés. La lutte s'engage entre les privilégiés et le Roi accompagné de ses Parlements.
Une fronde parlementaire aristocratique et non démocratique a alors lieu. Mais le peuple s'y trompe comme le montre la journée des Tuiles 1788, où le parlement de Grenoble refusait les nouveaux impôt du roi, celui-ci exile les élus mais le peuple se soulève. Cette fronde parlementaire est une des causes de la révolution car elle fragilise la monarchie et lance des critiques de l'ordre royal. On a donc à faire à une désacralisation de la figure du roi (il n'est pas communié, aurait trop de maitresses, …).
A cela s'ajoute la diffusion des pensées des hommes des Lumières qui ne sont pas des révolutionnaires mais défendent la réforme. Ils critiquent l'absolutisme, appellent à la constitution et à la séparation des pouvoirs. Or ils ne prennent écho que dans les élites via des livres, des pamphlets ou des affiches. La censure est inefficace pour les arrêter. L'espace public voit se former une opinion, c'est la naissance de patriotes qui aspirent à la réforme.
Incapable d'arracher aux ordres privilégiés des impôts, presser par tout le monde, le roi convoque les États Généraux. La Noblesse espère enfin des velléités fiscales du roi et les patriotes attendent des réformes.
Des États généraux à la Révolution
Pour convoquer ces États généraux, il faut élire des députés (représentants des ordres), ce qui est une énorme procédure électorale. La rédaction des cahiers de doléances a lieu et c'est alors l'occasion d'un intense moment de politisation, car le roi a levé toute censure, c'est une grande liberté d'expression. Le Tiers réclame le doublement de ses députés pour équilibrer le vote par tête, les privilégiés sont contre, le roi accepte de doubler le tiers mais ne se prononce pas sur un vote par tête (2, 1, 1) ou par ordre (1, 1, 1).
En mars – avril, la rédaction des cahiers est très tendue, alors que le pain vaut une journée de travail d'un ouvrier. La révolte lors de la baisse du salaire par Réveillon entraîne un saccage de la manufacture de ce dernier par le peuple du faubourg Saint Antoine, mais cela fit une centaine de morts. Cette révolte populaire est toujours à coté de la révolution politique.
Les discussions aux États généraux donnent lieu à des amendements des cahiers-modèles. Les États généraux sont réunis le 4 mai 1789 et le discours modéré du roi les déçoit. Il appelle les ordres à se réunir séparément pour une vérification des pouvoirs par ordre (il refuse le vote par tête), le Tiers proteste et bloque toute avancée. Les députés bretons décident de se nommer « députés des communes » et le 17 juin 1789 se disent représentant de la nation, le Tiers s'autoproclame Assemblée nationale. Le 20 juin 1789, les députés du Tiers prêtent le Serment du jeu de Paume. La révolution juridique et politique a commencé, puisqu'on passe de la représentation des trois ordres à la naissance d'une Assemblée Nationale Constituante. Le 9 juillet roi est contraint d'accepter et les députés réitèrent la proclamation de l'Assemblée Nationale Constituante.
La Révolution naît donc de la conjonction de révoltes populaires et de la résistance au pouvoir royale dont la fronde parlementaire.
"L'année sans pareille"
1789 ou la mort de l'Ancien Régime
C'est une irruption massive, durable et inédite des classes populaires en politique.
Le roi fait venir des troupes mercenaires, qu'il masse autour de Paris. Il renvoie Necker qui avait le soutien des patriotes et du peuple. Or le prix du pain continue à augmenter, doublé de la présence de troupes du roi, les parisiens craignent d'être attaqués. Les bourgeois constituent une milice : la garde nationale commandée par Lafayette, portant une cocarde pour chaque bataillon (deux couleurs de paris + couleur du roi (blanc)). Ces milices répondent à la crainte bourgeoise des pillages de boulangerie. Ce corps militaire manque d'armes et file piller l'armurerie des Invalides. Mais ils manquent maintenant de poudre, ils vont donc s'approvisionner à la Bastille. Là-bas, une délégation rentre mais ne sort pas. La foule s'inquiète, surtout que les gardes de la Bastille retirent les canons, mais le peuple craint qu'on les charge et qu'on leur tire dessus alors tout le monde enfonce la porte et décapite le gouverneur. Cette prise de la bastille le 14 juillet 1789 est un symbole de l'absolutisme royal car on y enfermait des gens sur lettres de cachets. Mais la mystique de la Bastille vient d'une image noire récente. Le bâtiment est pris pour récupérer des munitions et quelques personnes libérées deviennent le symbole de la chute de l'Ancien Régime.
La Révolution reste surtout un coup de force juridique avec le soutien des députés. La prise de la Batille représente le peuple parisien les armes à la main qui rentre dans le jeu politique. Avec la mort du gouverneur, la question de la violence populaire est posée dès le début. Le peuple reprend une forme de violence légale (juridique).
En conséquence le roi cède, retire ses soldats et rappelle Necker, le 17 juillet 1789, il met à son chapeau la cocarde tricolore. Partout en province se produisent des micro- révolutions : révolution juridique avec prise des pouvoir locaux par les patriotes (prise de bâtiments, désignation de gardes nationales). La Révolution politique est conduite par les députés, ou les autorités locales, qui alimentent et rendent possible, la révolte populaire sous forme de journées insurrectionnelles qui poussent en avant la Révolution politique.
La fronde aristocratique est toujours présente et tente de freiner cette avancée. Toutes les contradictions et la violence sont présents dès le départ. Dès 1789 problème : comment s'appuyer sur des révoltes populaires et en même temps les contrôler ? Comment réprimer le peuple qui en même temps soutient la Révolution ?
Le peuple de Paris prend donc la Bastille puis les campagnes rentrent en Révolution. Cela commence la "Grande Peur", ces rumeurs qui reposent sur des fantasmes ancestraux : brigands, payés par les nobles, qui viendraient briser les révoltes avec des étrangers (anglais, italiens) qui aideraient les brigands. On cache les femmes et les enfants, on se balade avec des fusils, mais on ne voit pas de brigands. Dès fois, les paysans arrivent devant la maison du seigneur et prennent le château. La France est alors secouée dans certaines régions par cette grande peur qui effraie les possédants et les députés. Le 4 août 1789, les représentants se succèdent a l'Assemblée (curés, nobles) et renoncent à leurs privilèges. Les droits sur les personnes sont abolis, mais pas les droits de la terre. C'est tout de même la fin de la société d'ordre. La comédie des trois ordres est reprise dans l’autre sens : l’aristocrate et le curé portent sur leurs dos le paysan. Mais le roi doit signer ces décrets pour qu’ils soient valables. Louis XVI refuse. Le roi ne signe pas non plus la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Le roi bloque la révolution et se réfugie dans une salle avec ses gardes particuliers.
Les 5 et 6 octobre 1789, des dizaines de milliers de parisiens, dont une majorité de femmes, se rendent à Versailles pour ramener le Roi à Paris. Le roi, captif, rentre, et les députés le suivent à Paris. Le roi cède alors et signe les décrets. Ce qui a fait que la révolution avance, c’est cette journée insurrectionnelle du peuple. De retour à Paris, l’Assemblée décrète la loi martiale qui dit que les forces de l’ordre, dont la garde nationale, peuvent utiliser les armes contre un attroupement menaçant (drapeau rouge, trois tirs de sommation puis tirs sur la foule). Quelques députés votent contre (comme Robespierre) mais peu, et le roi signe. Des mesures exceptionnelles et de violence légale sont tout de suite présentes.
L’œuvre constitutionnelle et législative
Rassemblement géographique dans la salle : les monarchistes sont à droite de l’Assemblée (4/10e), à la gauche, un groupe plus radical, de futurs Jacobins, et au milieu, un centre mou. La droite est dominante, la gauche s’organise et crée la société des Amis de la Constitution qui se réunit au couvent des Jacobins (d’où le nom de Club des Jacobins). L’assemblée travaille à la constitution. Le roi n’est plus souverain, la nation oui. Cela se traduit par l’élection d’une Assemblée unique élue qui représente la nation et a un pouvoir législatif. C’est la fin de la monarchie absolue.
A l’Assemblée, beaucoup ne veulent pas réduire les problèmes du Roi. Tout le débat est sur la question du veto royal (permanent sur tout ? Du tout ? …). Il aura un véto suspensif de 6 ans. La séparation des pouvoirs s'effectue de la manière suivante. L’assemblée permanente ne peut pas être dissoute, elle a le législatif et le contrôle du budget. Le roi a l’exécutif et le pouvoir de veto sur l’Assemblée. Il n’est plus roi de France mais des Français, n’est plus de droit divin mais reste héréditaire.
On assiste à la mise en place aussi d’une justice moderne qui reprend l’habbeas corpus (fin des châtiments, des tortures, présomption d’innocence). La révolution fait de l’élection le principe suprême de légitimation des pouvoirs (autorités locales, députés, juges… sont élus). Mais la révolution est libérale, non démocratique : l’Assemblée distingue citoyens actifs votants et passifs exclus des urnes. Pour voter, il faut avoir 25 ans, être un homme et payer un impôt de trois jours de travail d’ouvrier par jour en fonction du département par an (60% des hommes en âge de voter). Comme les élections sont indirectes, il y a un filtre (trois collèges) : 1% des citoyens actifs élisent réellement les députés.
C'est à cette époque qu'on crée des communes et des départements. Une politique religieuse est instaurée : le 2 novembre 1789, c'est la nationalisation des biens de l’Église. Le 12 juillet 1790, la constitution civile du clergé, entre autre, salarie les prêtres qui deviennent des fonctionnaires qui doivent prêter serment à la loi, à la nation et au roi.
Il n'y a pas d'années heureuses 1790-1791
Mort de l'ancien ordre social mais des tensions qui s'accroissent et se compliquent
Le nouvel ordre ne parvient pas et ne souhaite pas satisfaire l'exigence populaire. La Révolution Française au lieu de calmer les tensions va les accroître. Dans les campagnes les paysans sont furieux que les droits féodaux soient rachetables et pas abolis, le pain reste toujours aussi cher, la demande de taxation n'est pas entendue par l'Assemblée dominée par le libéralisme économique.
Des tensions nouvelles apparaissent. La révolution a demandé aux prêtres de prêter serment. Sauf que le Pape fait par une encyclique la constitution civile du clergé et interdit aux prêtres de prêter serment. Il y a donc des assermentés et des réfractaires. Les réfractaires résistent. Les assermentés sont invalidés par le Pape, les réfractaires le sont par l’État. Le peuple soutient les réfractaires. Il y a des révoltes comme à Nîmes. Des assemblées et des fédérations naissent, révolutionnaires ou contre-révolutionnaires. En 1790, le mouvement des fédérations est polymorphe. La fête des fédérations est une façade.
Fête de la Fédération une concorde de façade
A Paris, on célèbre la révolution achevée. Pèlerinage festif et laïc, fête au Champ de Mars. Des prêtres disent la messe, les troupes défilent, Lafayette prête serment, comme le Roi, la Reine… C’est une façade. La plupart des fédérations sont ou deviennent révolutionnaires. Le roi qui prête serment veut détruire la révolution en réalité. Le nouvel ordre nécessite que le roi joue le jeu or il ne le fait pas. D'où l'expression du Roi Janus, l'homme à deux têtes et à deux faces. En effet, le roi soumet son véto continuellement sur les textes de l'Assemblée.
Plus encore, sa fuite à Varennes les 20 et 21 juin 1791. Depuis longtemps le couple royal projetait de s'enfuir. Ils se font arrêter près de Varennes et rentrent à Paris humiliés. La voiture qui les transporte est entourée d'une foule hostile. Les gardes nationaux crosses en l'air (signe de deuil) et un silence les entourant.
Son retour à Paris divise les hommes politiques entre ceux qui veulent sa déchéance suivie d'une régence du Duc d'Orléans, ce qui veulent la République et ceux qui veulent le maintenir. Des pétitions sont votées pour la République mais les députés de l'Assemblée n'y sont pas favorables du tout. On décide donc d'en rester à la constitution telle qu'elle est rédigée. Un certain nombre de députés font croire que le roi n'est pas parti de son plein gré mais fut enlevé. Problème, le roi a laissé un texte où il présente son mépris de la République. Les républicains sont outrés et multiplient les pétitions et les manifestations. Le 17 juillet 1791 les républicains réunissent la foule au Champ de Mars pour signer la pétition. L'attroupement fait venir Lafayette et Bailly ainsi que des troupes, ils lèvent le drapeau rouge, agitation dans la foule, l'armée tire et fait 50 morts, l'Assemblée constituante vient de tuer des républicains. Le courant républicain est alors obligé de s'enfuir (Danton part à Londres) et l'Assemblée vote la constitution.
Vers la chute de la monarchie
Le fragile équilibre de la monarchie constitutionnelle
La constitution est proclamée le 3 septembre 1791 et instaure une monarchie constitutionnelle. L'Assemblée Constituante est dissoute et une nouvelle Assemblée Législative est formé avec 745 membres, aucun de la Constituante. Robespierre par une loi a interdit le fait que les représentants de l'Assemblée Constituante se représente. On a donc un personnel renouvelé avec essentiellement des députés du Tiers. Politiquement, l'Assemblée est dominée par les Feuillants, monarchistes modérés, menés par Lafayette qui n'est pas de cette Assemblée. A gauche, on trouve les Jacobins, Brissot, Condorcet en sont (Robespierre lui ne peut pas non plus). Au milieu se trouve un vote ventre mou votant plutôt de concert avec les Feuillants. A coté de l'Assemblée et du roi, un nouveau pouvoir émerge : la commune de Paris. Celle-ci est menée par un nouveau maire : Bailly est remplacé par Pétion en 1791 et se place coté gauche. La commune de Paris devient un contrepouvoir où se ont lieu des agitations violentes, comme en province.
La guerre et ses conséquences
Lorsque la Révolution éclate en France, les réactions des autres pays sont contraires. Les patriotes européens (radicaux anglais, meneurs des révolutions, …) en sont ravis, mais les pouvoirs traditionnels sont eux bien plus angoissés. Il y a eut une effervescence politique, un politisation et des débats nombreux à ce sujet. Vu d'un mauvais œil par les monarques européens, la Révolution ne les pousse pas à bouger. L'Assemblée Constituante multiplie les messages de paix entre 1789 et 1790. Cela se tend en 1791 sous la pression des émigrés de plus en plus nombreux faisant pression sur les cours étrangères pour rétablir le roi. La question de la guerre devient très présente en France et à l'étranger.
En France certaines personnes sont favorables à la guerre. Le roi, persuadé du futur succès de ses cousins royaux sur les Jacobins, est d'accord et entraîne les Feuillants avec lui. Une partie des Jacobins aussi menée par Brissot (les Brissotins), pensant que si la guerre éclate le roi prendra parti contre les ennemis et donc se dévoilera. De plus, ils sont pour la diffusion de la Révolution et considèrent qu'il faut porter cette Révolution en Europe pour libérer les peuples, c'est ce qu'on nomme la vision messianique de la Révolution Française. Enfin, avec les agitations sociales, ils estiment que cela pourrait détourner les tensions sociales vers la guerre. Ceux qui sont contre sont donc les quelques Jacobins menés par Marat, Robespierre. Les bellicistes majoritaires l'emportent et déclarent la guerre à la Prusse et à l'Autriche. On a donc des mesures d'exceptions qui sont prises et qui radicalisent les positions de la Révolution. Les émigrés passent du dédain à la criminalité et leurs biens sont supprimés. Les prêtres réfractaires sont aussi soupçonnés et ils doivent soit prêter serment à la constitution soit être déportés. Le roi pose son véto, le peuple envahit les Tuileries le 20 juin 1792, le roi maintient son véto.
Pourtant les tensions sociales ne se calment pas, au contraire elles explosent. En 1791, on avait une bonne récolte mais le papier monnaie est créé avant d'être dévalué et les paysans refusent de le vendre. Le peuple demande un prix maximum sur le pain, pille les boulangeries et les épiceries. Les taxes augmentent pour renflouer l'État. On les nomme tous les Enragés et ils sont menés par Jacquerou. C'est l'apparition aussi des Sans-culottes. Chez les Jacobins, on reconnaît la légitimité leurs revendications de taxation, surtout Marat et Robespierre. Le peuple de Paris forme une commune insurrectionnelle et réclame que le roi lève ses vétos ou soit déchu. Le 10 août 1789, les Sans-culottes parisiens et les volontaires pour la guerre montés à Paris dans un premier temps, attaquent le palais des Tuileries faisant plus de 1000 morts (600 gardes suisses et 400 émeutiers) mais étant victorieux. Le roi se réfugie à l'Assemblée qui sous la pression du peuple suspend les pouvoirs du roi et convoque une nouvelle constituante. La législative avant de se dissoudre vote des lois importantes mais le peuple trouve qu'on ne juge pas assez rapidement les gardes suisses ayant fait feu sur le peuple. Dans cette idée de vengeance, du 2 au 6 septembre, la violence se déchaîne entre dans les prisons, y massacrent les prisonniers (1200 à 1400 morts). Le 20 septembre à Valmy, c'est la première victoire derrière le drapeau tricolore. Le lendemain, la République est proclamée et on bascule dans une phase radicalement nouvelle.
La « Seconde Révolution »
Avec la chute définitive de la monarchie et la proclamation de la République, on rentre dans une nouvelle phase qu'on nomme parfois l'An II, 1793, Convention montagnarde ou la Terreur (signe d'un ouvrage conservateur).
Durant deux années, des lois sociales et fortes sont instaurées qui seront revendiquées tout le XIX° siècle par les familles libérales et démocratiques. On parle d'un âge doré en même temps que s'instaure la légende noire de la guillotine : la Terreur. Ce sont donc aussi les années les plus terribles.
La révolution se radicalise
La Convention nationale
La Convention vient d'une tradition révolutionnaire anglaise et américaine. Celle-ci est élue au suffrage universel en conséquence de la guerre. Au front, on avait besoin d'hommes, on appelait les volontaires et tout le monde pouvait y prendre part, donc on ne pouvait leur refuser le droit de vote. Seuls les domestiques soupçonnés d'être trop soumis à leurs maîtres n'y ont pas droit. La Convention change encore sa tendance politique, il n'y a plus de feuillants, et on trouve surtout des Jacobins.
Plusieurs questions se posent à la Convention : que faire du roi déchu ? Que faire des problèmes intérieurs et extérieurs suite à la Révolution ? Comment faire face aux difficultés économiques et sociales ? Comment réagir face à la contestation du peuple réclamant du pain et des droits ? La Convention hérite de toutes ces questions dans un contexte tendu et où les positions se radicalisent. La Convention va donc siéger sous la pression constante et continuelle du peuple. Le peuple parisien est de plus en plus politisé. Dans les sociétés politiques, les clubs, les sections se réunissent tout les jours pour discuter politique. On y lit les journaux, on y débat, … La lecture des journaux y joue. Ils sont en fait constitués de quatre pages et publiés quotidiennement avec pour ceux ne sachant pas lire des caricatures et des chansons qui sont diffusées. Un groupe de militants très engagé se démarque : les Sans-culottes. Groupe socialement hétérogène, bien que dominé par la petite bourgeoisie, on trouve des membres des classes populaires aussi mais se sont surtout des artisans parisiens. Ils ont un avis politiques, ne portent pas de culottes, ont un bonnet phrygien, sont armés d'une pique, portent la carmagnole, se tutoient ou se nomment « citoyens » ou « frères » et portent la cocarde tricolore. Ils sont pour le peuple souverain et après la liberté de ??? sont pour la liberté et la fraternité ainsi que le droit à l'insurrection. Très militants, ils se rassemblent pour contester l'Assemblée et favorables à une démocratie directe n'hésitent pas à faire pression. Ils réclament la taxation de certains produits dont le sucre et le contrôle des suspects (nobles). Ils sont pour une politique répressive vis à vis des contre-révolutionnaires. Ils sont parvenus à prendre le contrôle de la commune de Paris où siègent des hommes portant les mêmes idéaux qu'eux comme Hebert. Il existe des Sans-culottes dans toutes les grandes villes de France.
La Convention agit sous la pression du peuple, de la commune de Paris et n'aura de cesse de limiter ses actes populaires mais ce sera difficile.
Le procès et la mort du roi
Première question : doit-on juger le roi ? Saint-Just défend l'idée qu'il faut le tuer dés maintenant mais sous pression des Brissotins il sera jugé par la Convention, même si ça pose un problème de séparation des pouvoirs. On lui reproche parjure (il a prêter serment à la Constitution qu'il a trahit), intrigues, trahisons, Varennes, responsable des morts du 10 août, armoire de fer (prouvant ses liens dans la contre-révolution). Cela divise la Convention. Tout les députés le reconnaissent coupables et ceux voulant le sauver proposent de lancer le jugement au peuple. C'est écarté. Les Jacobins se divisent entre eux, ceux voulant sa mort immédiate et ceux voulant retarder sa mort, les Brissotins redoutant les colères des armées étrangères qui sont en période de succès et car cela montrerait encore plus le pouvoir du peuple qui fait assez pression comme ça. 387 voix sont pour la mort immédiate, 46 pour la retarder et 288 pour sa détention (se méfier du mythe contre-révolutionnaire 361 voix pour / 360 voix contre).
Louis Capet est alors tué le 21 janvier 1793, jour où les familles républicaines mangeront de la tête de veau. Moment phénoménale de la révolution française, pour les révolutionnaire, c'est la certitude qu'on ne peut retourner en arrière.
Le procès montre aussi la division du camp jacobin entre Girondins et Montagnards. La mémoire et l'historiographie vont figer l'opposition entre ces deux groupes. C'est un phénomène complexe, déjà ils sont nommés les Brissotins à l'époque et étant surtout issus de Bordeaux et de la Gironde, l'historiographie les nommera les Girondins. Ces groupes sont en perpétuelle évolution, leur nombre bouge constamment. De plus, Girondins et Montagnards sont majoritairement d'accord mais se divisent sur des points particuliers. On a souvent dit que les Montagnards étaient fédéralistes et les Girondins décentralisateurs, c'est faux. A la base, un discours de Brissot dénonce la place donnée au peuple parisien dans la représentation politique « Paris ne doit représenter plus du tiers de la représentation politique de la France ». Brissot veut la limiter, Robespierre non. En réalité, le procès du roi à diviser les Girondins entre eux certains voulant la mort immédiate et d'autres la reportant (46 membres). Enfin ultime point de débat, le conflit économique. Les Girondins veulent un libéralisme économique et refusent la taxation. Les Montagnards sont sensibles au mot d'ordre et près d'accepter la taxation. La Convention c'est donc un petit tiers de Montagnards, un petit tiers de Girondins et un gros tiers de « députés de la plaine », le centre. Ces centristes et les Montagnards parviennent à évincer les Girondins suite au frein qu'ils mirent dans la politique sociale. Les Girondins ont fait arrêter Marat (auteur du Cri du peuple) et ???. Symboliquement c'est très fort pour le peuple parisien qui voit ses leaders favoris arrêtés même quelques heures. Le peuple le lendemain rentre dans la Convention, arrête les Girondins sur place dont Brissot, en guillotine 20, faisant fuir les autres.
On rentre alors dans la Convention montagnarde, essentiellement composée de députés de la plaine. Les oppositions politiques qui sont toujours présentes dans la Révolution, passent dans un contexte de guerre intérieure et extérieure, l'affrontement politique change de nature et n'est plus pacifié. Les éliminations symboliques du début de la Révolution deviennent méthodiques et classiques avec l'élimination systématique de l'adversaire politique.
L'œuvre de la Convention nationale
La Constitution de l'An I
Elle débute surtout en mars 1791 et fut commencée par une Convention girondine et montagnarde. Cette constitution est prolongée par les Montagnards et est éminemment populaire, donnant des droits énormes à ce peuple. La constitution est soumise à un référendum est la participation fut conséquente. Cette constitution est précédée en introduction par un DDHC qui revendique des droits sociaux alors peu présents. C'est bien plus démocratique que celle des américains. En même temps, on est en guerre donc la Convention décide de différer l'application de la constitution qui est scellée dans la salle de la Convention.
Le gouvernement devient alors révolutionnaire le 10 octobre 1791. Il y a toujours un exécutif, le gouvernement et un législatif, la Convention. Celle-ci forme des comités de 10 à 12 pour préparer les modalités de lois qui sont ensuite débattues à la Convention. D'autre part des représentants sont envoyés dans les départements pour vérifier la mise en application des lois. La Convention met d'abord en place, une réelle politique sociale. C'est dans la lignée de la proclamation des droits sociaux, fin du libéralisme économique. La 4 mai 1791, la Convention décrète un maximum sur le prix des grains, du sucre et d'autres produits de première nécessité, un maximum au-delà duquel on ne peut vendre. Cela se double d'une chasse aux accapareurs. Une politique de redistribution de la propriété foncière est organisée, on prend les terres aux suspects et on les redistribue aux patriotes indigents, mais ce ne sera jamais appliqué car le temps qu'on établisse la liste des indigents, Robespierre avait chuté. On fait aussi des lots plus petits sur les biens terriens nationaux qu'on vend pour les redonner au peuple et non à des profiteurs. Pour les indigents, on leur fait signer un prêt remboursable sur 20 ans. Des milliers de petits paysans auront un lopin de terre grâce à cela. D'où le fait que la France fut un pays de petits paysans tout au long du XIX° siècle, ils ont donc profité grandement de la Révolution en récupérant les terres seigneuriales.
De plus, les représentants envoyés en province doivent établir localement une politique sociale. Dans le Sud-Ouest, Romm mit en place une politique très sociale en faveur des ouvriers : protection maladie, assurance chômage, école pour les enfants ouvriers, … De même, Lakanal instaura partout où il alla des écoles laïques, gratuites et obligatoires.
La révolution fut essentielle pour les plus humbles. Elle a aussi conduit les ouvriers à être plus productifs ce qui permit ainsi de produire plus d'armes pour assurer la victoire française dans la guerre.
La politique religieuse
L'anticléricanisme va croissant dans la Révolution. Dés 1792, la législative avait dissout les congrégations, interdit le port de la soutane. Dés 1793, cela s'accentue dans un phénomène de déchristianisation. Ce n'est pas une politique d'État, mais une politique locale faite par le peuple ou par les institutions locales. c'est donc inégal selon le territoire. On a donc des destructions iconoclastes (destruction et pillages d'église).
L'État mit d'abord des cultes de substitution par exemple le culte de la raison (déesse Raison à Notre-Dame), on change le calendrier (semaines devenant des décades, on change le nom des mois, l'année ne démarre plus le 1 janvier mais le 22 septembre, …), … Robespierre fervent catholique y était très opposé et y met fin en instaurant un culte de l'Etre suprême, forme de Dieu dans lequel tous pouvait se reconnaître. Robespierre se représentait comme un pontife de ce culte, et ce fut un succès contrairement aux précédents cultes instaurés.
La Terreur
Le contexte
La Terreur est avant tout le produit du contexte. On est en guerre et on enchaîne les défaites en 1793 depuis Valmy. Les grandes villes du Nord tombent ainsi que les sur les fronts alpins. De plus, les généraux sont passés à l'ennemi.
Au début de la guerre ont fit appel aux volontaires mais depuis l'hiver 1792 – 1793, les volontaires sont rentrés chez eux, les effectifs chutent et impossible de trouver de nouveaux volontaires. Du coup, l'État oblige certains à venir combattre, ceux qui ne sont pas piliers de famille. Ce système de levées d'hommes va entraîner une anti-révolution, c'est à dire que les opposants ne sont pas contre les principes de la Révolution mais contre ses conséquences. La première raison c'est l'opposition à la politique religieuse, ce sont ceux qui s'opposent à la déchéance de leur prêtre local réfractaire. Cela prend alors des formes insurrectionnelles, comme en guerre de Vendée. Les paysans énervés par la politique religieuse, les droits féodaux toujours pas stoppés, … Tous ensemble ils s'arment et s'organisent pour prendre Cholet et cela se propage dans les départements voisins. Ce mouvement anti-révolutionnaire est repris par les contre-révolutionnaires. Les nobles organisent, arment et dirigent ces paysans contre les révolutionnaires. Tombent alors Angers, … plusieurs villes chutent sauf Nantes. Par la suite, les républicains vont reprendre le dessus par des actes parfois abominables (noyades nationales à Nantes) faisant jusqu'à 250 000 morts.
En Bretagne, les Chouans (pas des Vendéens) forment une sorte de guérilla, troupes armées mobiles attaquant de nuit des petits objectifs. C'est beaucoup plus dur à combattre qu'une armée vendéenne. La Vendée écrasée dés 1794, la chouannerie ne sera stoppée par Bonaparte qu'en 1799.
A cela s'ajoute la révolte fédéraliste, ceux protestant contre l'éviction des Girondins. Ceux là en province se soulèvent et forment une révolte girondine qui n'est pas fédéraliste comme on l'a dit plus tard. Dans ce contexte Charlotte Corday assassine Marat dans son bain dont David tirera un tableau qui fera sa renommée.
Dans ce contexte, les Montagnards demandent l'instauration de la Terreur face à des menaces venant de partout à l'intérieur et l'extérieur. La pression du peuple parisien pousse donc à la Terreur en décembre 1793, alors que la conjoncture s'inversait déjà en faveur de la Révolution, mais cela ils ne pouvaient le prévoir à l'avance.