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samedi 14 janvier 2012

TD HISTOIRE MODERNE

Article de Le Roux

Son thème de recherche de travail et l’histoire environnementale et les pollutions industriels. A cheval sur l’ancien régime et l’époque contemporaine. Il étudie comment sont interprétés des choses que aujourd’hui on considérerait comme des nuisances. Il observe le rapport entre activité de production et environnement.

Histoire environnementale est récente, elle a été développé d’abord par l’histoire des forêts françaises. Cf Corvol. L’histoire de la santé au travail est aussi en plein renouvellement de la lente et difficile émergence de la notion de maladies professionnelles< Cf : Rosental.

Il étudie les regards des contemporains et donc les élites sur l’existence de maladies liées à l’exercice professionnel. Il distingue trois phases car cette évolution n’est pas du tout linéaire et l’embryon de reconnaissance est plus important dans la seconde moitié du 18ème siècle plutôt que dans la première moitié du 19ème siècle :

- Seconde moitié du 18ème siècle : Rapport des Académie de médecine. Prise de conscience et reconnaissance de plus en plus importante qu’il peut exister des maladies lié à l’exercice professionnel. Gazette de santé, société royale de médecine avec des enquêtés, correspondants, prix, traduction de Ramazzini.

- Début de la révolution jusqu’à la fin du premier empire : Dénie des maladies du travail qui sont liés à l’environnement, silence même si il y a un comité pour la salubrité et certaines désignations des usines qui produisent des effets néfastes. Les nuisances ne sont pas reconnues sur l’ouvrier eux-mêmes.

- Restauration : le regard des observateurs sociaux qui sont politiquement réactionnaires dénoncent les effets de l’industrialisation. Retourne dans cette conscience des maladies. Nouvelle traduction de Ramazzini.

- 4ème période : 1821 jusqu’au-delà de 1840 : Occultation de cette idée de maladies professionnelles. Coalition des intérêts entre les savants experts qui sont aussi acteurs des entrepreneurs. La première occultation est sur la serruse est les matières premières utilisées au profit de mauvaises conditions de vie, on met l’accent sur les aspects hygiéniques et moraux. Ambiguïté

Dissertation

Les femmes du peuple et le travail

Conseils méthodologique :

On ne donne pas d’exemples précis en introduction car ils sont utilisés dans le développement. Les exemples doivent être développés et référer à des sources et textes avec articles qui ont auteurs et datent voir revue de publication. Certaines thèses doivent être liées à des historiens.

Penser aux transitions entre les parties. Aspect démonstration que doit avoir une dissertation. Qu’est-ce qui fait que je passe d’une partie à une autre.

Respecter la chronologie. Evolution au cours de la période doit être présente à l’intérieur des paragraphes.

Introduction< voir recueil de méthode. Justifier le plan choisit à la suite de la problématique. Il faut justifier la démarche lors de l’annonce du plan.

Corrigé

Introduction :

Les femmes ont toujours travaillé Cf : Sylvie Schweitzer. Il faut rappeler que c’est la vision bourgeoise de la femme qui s’occupe de la maison, des enfants< représentation trompeuse car travail domestique hors du travail salarié.

Mais sources peu loquaces. Travail des femmes est invisible dans les sources.

Statut subordonnée du travail de la femme ; L’historiographie c’est concentré sur le travail de production des hommes. Histoire des femmes au travail

Les femmes sont largement au cœur des activités et au cours de la révolution industrieuse. De vries c’est accroissement de l’offre du travail des femmes. Est-ce pour consommer plus ? ou pour faire face à la démographie ou les salaires réels sont orientés à la baisse ?

I- Un rôle essentiel, longtemps sous-estimé

a) Dans la production des subsistances

Ex : pêche< les uniques travailleurs enregistrés dans les registres sont des hommes mais ce que montre le texte c’est le rôle essentiel des femmes dans l’activité des pêcheurs (fileurs, vente des poissons, transformation des produits). Variété des activités féminines dans une activité dite entièrement masculine

Au cœur des activités agricoles

Elles sont présentes dans la zone la plus proche des potagers ou elles ont un rôle essentiel et dans l’agère.

C) les partages sexuels

Même si on retrouve des partages sexuels importants avec traditionnellement le fauchage aux hommes. Nuance : femmes peuvent être moissonneuses et dans les pays de montagnes font la plus part des travaux agricoles : ânes à deux pattes.

Des actrices essentielles de la proto-industrie et des manufactures

b) Dans la proto-industrie et dans les manufactures

- Dans la proto industrie

- Dans les manufactures

c) Une spécificité du travail féminin ?

- Des travaux féminins ?

- Le travail varie au fil du cycle de vie et semble suivre une course inverse à celle des hommes

II- Un rôle subordonné

a) La déqualification féminine

- Dans les salaires :La déqualification se lie dans les salaires toujours deux fois inférieures à celui des hommes.

- Double marché du travail dans les manufactures

- Hiérarchie du travail : Ex : la domesticité

b) Le rapport complexe des femmes dans les corporations

- Un monde uniquement masculin ?

- Les corporations uniquement féminines Ex/ les couturières à Paris

- Filles, veuves et femmes de maitres

- Un rôle subalterne qui commence avec l’apprentissage

c) Les voies d’apprentissage alternatives

Les femmes sont cantonnés dans un certains nombres de secteurs< enfermement dans ces métiers réputés féminins par l’apprentissage. Ces possibilités renforcent le rôle subordonné des femmes

III- Des évolutions contrastées

a) Les femmes pendant et après la réforme des corporations

Cf : Jurassic.

b) Les femmes dans l’industrialisation

Cf : J Scott

Continuité dans les activités proto-industrielles et dans les métiers de la domesticité, continuité dans la variété des emplois et des lieux d’emploi, continuité dans la sous valorisation du travail féminin

Femme et machines : Premières victimes ? Cf/ Les fileuses, rôle des femmes dans les émeutes luddites. Mais aussi elles sont les premières recrutées dans les usines

Nouveaux partages sexués ?

Continuité dans les secteurs ou les femmes sont théoriquement absentes. De nouveaux secteurs ou les femmes ne pénètrent pas.

c) Les femmes sous le feu des observateurs sociaux

Tableaux ou la misère et y compris la morale des femmes et des enfants et particulièrement mise en avant. Devient un personnage visible troublant dans l’industrialisation : devient un problème car renvoie à la signification de la féminité et sa comptabilité avec une activité salariée.

Termes moraux< corruption des mœurs

Influence du travail salarié sur le corps d’une femme et sur sa capacité à remplir son rôle de mère de famille. Construction de l’opposition entre foyer et travail, maternité/ salariat, féminité/ productivité. Construction de l’image du male bread winner.

Conclusion : Une femme qui se met à travailler n’est plus une femme, Jules Simon 1860. Morale bourgeoise jamais actualisée pour les femmes du peuple.

Une double subordination

Ouverture : les rôles des femmes dans les revendications du travail

Sujet 2 : « 1650-1830 : un ou des mondes du travail ?».

Diversité des secteurs de travail et même à l’intérieur des secteurs

Homogénéité du monde du travail ? Conscience commune du monde du travail malgré les diversités

Conscience commune du monde ouvrier, de tous les secteurs ? Opposition de ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas. L’homogénéité du monde du travail est-elle due au fait ? Distinction entre classes établies par les élites et classes telles qu’elles sont réellement perçues. Conscience par la différenciation. Homogénéité ne vient-elle pas du regard des élites sur tout ce qui travaillent quel que soit leur secteur : regards négatifs, regard de dévalorisation. Homogénéité peut venir aussi du regard extérieur.

Diversité des encadrements institutionnels : libre/ réglé/ illégaux, invisibles. Cas du travail forcé est-il opposé au travail libre ?

Pluriactivité. Diversité des situations matériels (précarité) et des évolutions (ascension sociale).

Dualité des villes et campagnes/ hommes-femmes et enfants

Reconnaissance des qualifications.

Corrigé :

I- Une unité imposée de l’extérieur ?

D’où vient l’unité éventuelle du monde du travail ?

a) Un monde que l’aspect unifie

Ils concernent plus ou moins tous ceux qui travaillent : à la terre, dans l’artisanat. Les hommes, les enfants les enfants, l’allure des gens qui travaillent, les mains grosses Cf : La Bruyère.

Les habits qui unifient le monde du travail avec une évolution dans le temps. L’habit des travailleurs évoluent.

Amélioration au fil du temps ? Inventaire après décès, le peuple de Paris. Différentiation des patrimoines avec l’amélioration des patrimoines les plus élevés du peuple et la décandance de la majorité.

b) L’image sociale

L’unité du monde du travail vient des élites. Une évolution de longue durée. Le peuple au travail est le bas de la société d’ordre. Valorisation du travail mais pas des travailleurs. Il vient aussi de la police pour qui le monde du travail est un monde dangereux.

c) Le rapport à la matière et aux outils

Majoritairement les travailleurs usent de leurs mains et sont au contact de la matière. Permanances et évolutions, mise en place des machines.

II- Eléments de différenciation

a) L’héritage

Rapport aux biens fonds et rapports à la terre avec l’évolution avec la révolution française. Rupture dans les campagnes.

b) La compétence

Plusieurs marchés du travail, stratégies migratoires, compétences influent sur les revendications. Ex : tondeurs de Sedan, tondeurs qui se pensent comme un corps ce qu’ils ne sont pas.

c) Le statut

C’est toute la question des métiers, de la corporation et des évolutions institutionnelles.

Ou travail contraint/ travail libre

Villes et campagnes

Hommes et femmes au travail

III- Esquisse de typologie

a) Des nanties ?

Repérage des minorités de nanties avec des caractéristiques communes : capacité à accumuler des biens mais aussi des savoir-faire, possibilité d’ascension sociale.

b) Une « honnête » médiocrité

Compagnons, sans-culottes

c) L’indigne salariat (Castel)

Depuis le manouvrier de Vauban jusqu’à l’apparition des travailleurs pauvres

Ex : les proto-industriels.

Cc/ Assurément des mondes du travail, seul le regard extérieur est unifiant, jusqu’à l’expérience des luttes du second 19ème siècle.

mardi 3 janvier 2012

Moderne 03 - 01

Précédemment : Moderne 13 - 12






  1. La diversité des mondes ouvriers

A. Un monde multiple

Il existe plusieurs mondes ouvriers dans le travail où la diversité est la règle. Les ouvriers d'industrie sont loin d'être majoritaires tout au long du XIX° siècle, puisqu'en 1881 ils ne représentent que 26% de la population active et 30% d'entre eux sont salariés dans une grande usine. Ce groupe ouvrier des grandes industries est donc encore très minoritaire. Ce qui domine largement c'est le travail à la campagne avec toutes ses formes. On a toujours la très importante position du secteur textile avec quelques usines mais surtout la forme de travail proto-industriel. Mais celle-ci diminue au profit d'autres industries sous le Second Empire.

Les ouvriers d'industrie viennent de trois sources : très largement du monde proto-industriel, d'autre part du monde artisanal urbain et enfin des anciens paysans qui perdent le rapport à la terre. Cette dernière catégorie est à relativiser, les mineurs pratiquaient des formes de paysannerie. A Carnaux, le recrutement des mineurs se fait sur 25km autour de la ville, de même au Creusot sur un rayon de 35km. Néanmoins il existe aussi des provenances plus lointaines avec des phénomènes de migration internationale, la France faisant venir des Belges pour les industries du Nord et des Italiens pour Marseille. On dénombre 380 000 travailleurs étrangers en 1851, nombre certainement sous-estimé puisque les travailleurs transfrontaliers ne sont pas comptés.

Dans le secteur industriel, 33% des emplois sont tenus par des femmes, leur implication n'est pas une nouveauté de l'âge industriel. La féminisation suit des voix très complexes et diverses. En général, ce sont elles qui font les tâches les plus disqualifiées, doublant la féminisation des tâches à une déqualification de ces tâches. Enfin, celles-ci sont écartées de métiers considérés trop dangereux ou trop masculins, mais aussi mieux payés : pêche, mines, ateliers métallurgiques, … C'est avant tout une question de coutumes. Dans le secteur textile où elles sont largement présentes, on trouve beaucoup de femmes dans les usines mécanisées (filatures surtout). La nouveauté est que l'encadrement et le contrôle de ces usines est tenu par des hommes. Le vrai changement tient à la mécanisation où les femmes vont être employées dans ces usines pour remplacer le métier disparaissant des fileurs à mains très largement masculins. Leurs salaires sont encore très inférieurs à ceux des hommes et c'est leur disponibilité qui fait qu'elles sont employées.
C'est le même cas pour le travail des enfants qui lui non plus n'est pas nouveau. Ils vont être mobilisés dans de nouveaux secteurs : les mines. Dans les mines, il y a des inégalités selon les régions, 15% travaillent dans les houillères du Nord malgré les lois passées sur leur travail. Dans le midi, ils sont 3% à 6% à être employés. La loi de 1870 interdisant le travail dans les mines aux enfants de moins de 10 ans fut donc très peu appliquée. Les lois du XIX° siècle sur le travail ont pour caractéristique d'être peu appliquées voire pas du tout. Dans le textile les enfants travaillent aussi souvent. Leur petite taille leur permet de se glisser sous les machines pour réparer ou renouer les fils. C'est un travail d'appoint très peu payé mais utile. La loi de 1841 interdisant le travail pour les moins de 8 ans, dans les usines mécanisées et limitant à 8 heures de travail pour les enfants de 8 à 12 ans et de 12 heures pour ceux de 12 à 16 ans. L'idée est qu'il faut protéger ces corps fragiles et assurer la reproduction de la classe ouvrière. Mais cette loi fut elle aussi peu appliquée.



B. La discipline du travail et ses limites

Le XIX° siècle voit un renforcement de la discipline dans le monde du travail. Dans les usines mécanisées, les machines fixent le rythme de travail, les ouvriers perdent le contrôle de ce rythme, au profit des patrons. Ceci dit c'est un mouvement de longue durée, la dépossession du temps de travail précède la machine même si celle-ci l'accélèrera. Il y a une longueur des journées de travail malgré peu d'étude sur ce sujet en France. On estime à sans doute 13 heures à 15 heures dans les usines mécanisées mais probablement plus dans le travail proto-industriel. De plus, il faut faire la part entre le travail à l'usine et le travail effectif. Il n'est pas rare de voir des temps de présence de 17 heures à 18 heures par jour sans compter les pannes, les rythmes saisonniers, …

On constate aussi une transformation des règlements, surtout des règlements de fabrique. On les retrouve déjà à l'époque pré-industrielle mais cela est systématiquement adopté par les entrepreneurs dans les usines mécanisées pour régler 3 problèmes : l'assiduité au travail, le respect des outillages, machines, matériaux et procédés de fabrication, et le comportement ouvrier avec un disciplinement moral (contre l'ivrognerie, les injures, …).
Pour les faire respecter, des contremaîtres et personnels d'encadrement apparaissent. Ils se généralisent dans les années 1840, beaucoup des premiers contremaîtres ont trois origines : soldats licenciés des armées napoléoniennes (demi-soldes), membres du clergé (surtout dans la soie du sud de Lyon avec des couvents-usines) et le monde ouvrier lui-même par des procédures de promotion internes aux fabriques. Ce mouvement de renforcement de la discipline est difficilement mesurable. En creux, ces règlements montrent les caractères ouvriers qu'on veut supprimer, pas leur efficacité. Ainsi, la coutume du Saint Lundi, coupure dans le travail venu du monde ouvrier n'arrive pas à être éradiquer par les patrons d'usines, ce trait de caractère ouvrier demeure. Il y a de plus, un maintien des mobilités de toutes sortes. Les mobilités et les évaporations sont les deux grandes caractéristiques des ouvriers de ce XIX° siècle. Pour la mobilité, il y a une pluri-activité, 800 000 personnes en 1880 pour l'historien de l'époque Postel-Vinay. Cette mobilité est aussi géographique avec le persistance des activités saisonnières (savoyards qui montent dans la capitale pour devenir ramoneurs). A cela s'ajoute une mobilité au sein des régions entre diverses activités. Il y a une absence de qualification de la main d'œuvre qui fait que celle-ci peut au cours de sa vie pratiquer plusieurs métiers.

Il y a donc des marges d'autonomie des ouvriers qui persistent, voire qui augmentent. Celles-ci sont liées au travail d'équipe. En effet, le code civil napoléonien a imposé des contrats de travail uniquement individuels. En réalité le recrutement d'équipes entière d'ouvriers dans la sidérurgie lourde, dans la verrerie, dans les mines, dans le bâtiment, … Du coup cela va croissant malgré la législation. Il y a donc des embauches de groupe mais cela pose la question de qui régule le recrutement : le patron via le chef d'équipe, ou le groupe ouvrier sur pression auprès du chef d'équipe. Toujours est-il que les employeurs peuvent ainsi contrôler la main d'œuvre.
La marge d'autonomie vient aussi de la rémunération du travail à la tâche. Qui dit salaire à la tâche évoque le fait que les ouvriers gèrent leur temps de travail pour effectuer leurs tâches. Or avec le travail d'équipe, on aboutit à des salaires collectifs. Cette technique aboutit à une forme d'enchère de la part du patron pour choisir le groupe qui bénéficiera du salaire. Souvent les coûts d'éclairage et de fonctionnement des machines sont adossés à la main d'œuvre ouvrière qui voit son salaire fondre. Les salariés se considèrent toujours comme vendeurs de fil, par exemple, plus que comme vendeurs de leur force de travail. La gestion du travail n'échappent pas complètement à la direction.
Dans les processus d'apprentissage, il n'y a plus de corporations mais on voit le rôle des ouvriers anciens dans l'apprentissage des jeunes. On continue d'ailleurs souvent à appeler ses individus maîtres-ouvriers. De nouveau, l'apprentissage des gestes du métier échappe au patron même dans le cas des usines mécanisées. A cela vont s'opposer un certain nombre d'entrepreneurs par la création d'écoles d'entreprises ou d'usines. Schneider par exemple en fondera au Creusot pour prendre en main la gestion d'apprentissage des ouvriers. Il y a donc discipline accrue mais une marge d'autonomie qui demeure.

C. Vie précaire

Avec Terrier, on constate que le second XIX° siècle voit la condition des proto-ouvriers se dégrader quand la première moitié les avait plutôt maintenus dans un prestige social. Le premier XIX° siècle, ces individus perdent leur rapport avec la terre et on constate une parcellisation accrue des patrimoines fonciers, on est plus ouvrier que paysan. Sous le second empire ils perdront même la propriété de leurs maisons. Leurs conditions se dégradent donc mais cela ne va pas de paire avec une rébellion croissante. Au contraire, on assiste certes à la multiplication des conflits devant les prud'hommes montrant la pugnacité ouvrière dans 45% des cas (le reste étant amener par les patrons), des conflits avec les gardiens de la paix qui annonce des conflits internes, affaiblissement du lien social, divisions des anciennes communautés et auto-exploitation maximum. De plus, cette population proto-ouvrière est atteinte de nombreuses maladies parfois liées aux conditions de travail (affections pulmonaires, …). Finalement certains contemporains dénoncent la précarisation des lieux de travail des industries, leur manque d'hygiène et les maladies qui en découlent. Les observateurs vont alors valoriser le travail en usine.
Pour tout les ouvriers il y a une usure au travail, or il n'existe pas un processus ascendant jusqu'à la cessation de travail. Passé 35 ans à 40 ans, on considère que l'ouvrier est trop affaibli pour s'occuper des postes durs souvent mieux rémunérés. En général, passé cet âge l'ouvrier occupe des emplois de plus en plus marginaux et donc de plus en plus mal rémunéré.

De cette précarité du monde du travail, plusieurs observateurs sociaux vont en rendre compte dans des tableaux. On appelle souvent cela des tableaux de la misère, parallèle à la constitution des sciences sociales, sciences de l'observation de l'homme en société avec la thèse de Procacci, Gouverner la misère (1993) et celle de Francis Démier. Ces tableaux apparaissent dés 1820 avec deux courants opposés. Le premier qui aura du succès est anticapitaliste, ultraroyaliste et veut revenir à la situation antérieure. Ce sont des notables chrétiens éventuellement propriétaires fonciers. Ils insistent sur le fait que la France est condamnée si elle suit l'Angleterre et qu'elle l'imite. On trouve dedans Villeneuve-Bargemont, Bigot de Morogues, … Tous insistent sur la contradiction du capitalisme : course au profit qui passe par une réduction des salaires des ouvriers et un enrichissement des capitalistes. Les tableaux représentent donc cette misère et valorise le retour à la propriété agricole, à l'établissement corporatif avec une société d'ordre. Le second courant est ultra-libéral, il justifie la forme prise par la mécanisation par le développement capitaliste. Say qui présente ce développement comme irréversible, conseille de laisser faire, mieux vaut ne pas intervenir. Dunoyer avec De la liberté du travail insiste bien sur la non-intervention étatique, la pauvreté même dramatique est inévitable et il faut laisser faire, éventuellement pour résister à la concurrence anglaise.
Les deux courants ont une vision fataliste, certains insistant sur la pauvreté pour revenir en arrière, les autres soulignant qu'elle est inévitable dans le processus de développement. Dans la monarchie du Juillet un développement ultérieur des pratiques d'observations sociales doivent être incluses dans l'art de gouverner. Il y a ainsi le rétablissement de l'Académie des Sciences Morales et Politiques au début de la Monarchie de Juillet. Elle va promouvoir un certain nombre d'actions, de promotions sociales qui vont se concentrer sur le problème du paupérisme avec la proposition de réformes et de mesures à prendre pour lutter contre. D'où la mise en place du prix Beaujour en 1834 qui vise à récompenser tout ouvrage traitant des moyens de prévenir la misère et de la soulager. Ainsi Louis-René Villermé va se voir alloué 4 000 F par cette Académie pour établir un tableau des conditions de vie de toutes les classes ouvrières. Il a une approche de médecin, ayant servit comme tel dans l'armée napoléonienne, puisqu'il a aussi étudié le cas des prisonniers. Il fait donc des diagnostics, des rencontres, des questionnaires, … Il a une démarche statistique à la confluence entre tradition économiste et hygiéniste. Pour cette enquête il ne s'emploiera qu'à la population ouvrière qui emploie le plus de bras : le monde textile du Nord et de l'Est de la France. Son tableau sera publié en 1840. Benoiston de Chateauneuf dut pour sa part étudier les populations agricoles et celles de la mer dans l'Ouest de la France, il ne publiera jamais ses résultats en revanche. Villermé souligne la dégradation morale des ouvriers qui peut être destructrice de la société elle-même puisque passée un certain niveau elle empêche la reproduction de l'espèce. Il veut montrer que les ravages sont importants aussi dans les campagnes avec une situation probablement pire dans ces régions. Il ne rejette pas ce système mais souhaite lui apporter un certain nombre de mesures qui devraient l'améliorer. Avec Villermé, on a l'émergence de l'expert de recherches sociales proposant des solutions aux problèmes sociaux. Son but n'est pas tant d'extirper la misère que de la circonscrire dans des limites convenables. A cette époque on distingue la pauvreté et le paupérisme. La première pouvant avoir une place utile dans la société et elle serait un risque inhérent à la modernité. Le paupérisme est lui une forme excessive de la pauvreté qui entraîne un déclassement et une souffrance des ouvriers. Il entraîne un barbarisme croissant qui peut devenir un réel danger social avec insubordination notamment. Les enjeux de la réforme sont donc d'éliminer le paupérisme tout en tutellant les pauvres par des mesures visant à les protéger. Il faut donc intervenir dans le champ économique pour ne pas compromettre la paix sociale. Il y a donc un pragmatisme contre les ultra-libéraux qui ne veulent pas d'intervention. Mais pragmatisme contre les ultras-royalistes aussi puisque le progrès est inévitable bien qu'il lui faille des encadrements. Villermé ne propose cette mesure qu'avec un extrême dédain puisqu'elle serait une entrave aux entrepreuneurs. De toute manière, ce tableau est mal reçu de la presse, notamment de Le Chevalier qui en fait deux comptes rendus très virulent. Il insiste sur le fait que la dégradation ouvrière est avant tout une conséquence de la dégradation morale des ouvriers et en aucun cas du monde du travail. Ainsi avec ces travaux, on déni totalement les maladies liées au travail.
Les maladies professionnelles selon Le Roux sont présentes dans l'Académie de Médecine (1776), dans la Gazette de la santé (1773) ou l'ouvrage de Ramazzini (1777). Mais mis entre parenthèses avec la Révolution, elle ressort quelque peu sous la Restauration avant d'être nié tout le long du XIX° siècle depuis les années 1930. Il y a à cette période un effacement du corps de l'ouvrier. On met en doute systématiquement du lien entre travail et pathologies parce que cette réflexion est noyée dans une argumentation complexe mêlant âge, sexe, conditions de vie, nourriture, … Les conditions de vie seront l'argument des opposants au lien entre travail et pathologies professionnelles, Villermé est de ce camp. On veut donc tuteller une pauvreté qui à des causes morales et en aucun cas, le travail n'est perçu comme étant pathogène. La reconnaissance des maladies va disparaître et ne réémergera que tardivement à la fin du XIX° siècle avec les peintres peignant avec de la céruse.
L'échec de Villermé est patent dans le monde des notables mais la volonté d'observations sociales va aboutir à ce qu'il ne voulait pas, la remise en cause de la société libérale, voire de certaines formes d'industrialisation. Ainsi Étienne Buret en 1840 dans Misères des classes laborieuses en Angleterre et en France, dénonce la démarche de Villermé et dont le but est de faire une critique d'ensemble de la société industrielle et du libéralisme. Sa solution est néocorporatiste avec une forte intervention de l'État. Seconde position contre Villermé, Ledru-Rollin en 1844 va reprendre dans la presse et dans le contexte socialiste pour contester une société de notables. On fait prendre à ces observations de Villermé un rôle de contestations sociales, économiques mais surtout politiques. Troisième opposition, Adolphe Blanqui dans des classes ouvrières en France pendant l'année 1848, paru en 1849. Blanqui réformiste veut proposer des contre-feux aux critiques socialistes. Il veut réformer le système libéral pour éviter les contestations sociales. Il va mettre au point un questionnaire et innover par cette méthode. Mais son enquête va susciter une immense polémique de la part du patronat qui se sent attaqué et de la société des notables, puisque Blanqui a pris en compte l'agriculture contrairement à Villermé. Blanqui désavoué par l'Académie, ces observations seront reprises par les socialiste pour dénoncer la situation de la classe ouvrière. Il y a donc des nombreuses contradictions sur les regards portés sur le travail. Contre les idéologies libérales, il apparaît qu'il faut tuteller ce libéralisme et l'État devrait prendre des mesures pour soutenir les plus faibles. Cette intervention progressive de l'État est extrêmement lente et progressive, la première mesure sera en 1841 sur le travail des enfants et s'en suivront d'autres étapes : 1864, fin des coalitions ouvrières, 1890, fin de l'obligation du livret ouvrier mais le contrat de travail devient un contrat de subordination. Le monde du travail est un état d'infiériorité et il doit être tuteller. 1898, loi sur les accidents du travail (mines surtout, usines un peu) et 1910 premier code du travail.

lundi 2 janvier 2012

Moderne 13 - 12

Précédemment : Moderne 07 - 12





  1. La jurisprudence des Prud'hommes : un droit de travail établi puis oublié ?

A. Création, composition et compétences

Créés sous l'Empire en 1806, ces tribunaux spéciaux sont au départ propres à la ville de Lyon. Pour régler les conflits internes à la fabrique lyonnaise de textile, il va vite s'étendre aux autres villes avec les décrets de 1809 et 1810. De 1806 à 1814, 32 conseils poussent en France, dans les grandes villes manufacturières. Ce tribunal spécialisé est établi pour régler les litiges entre les différents acteurs et concernant la plupart des domaines.
Ces tribunaux sont composés de marchands-fabricants, de chefs d'atelier, de contremaîtres, … De nombreux métiers patentés mais ne comprenant pas au départ de simples ouvriers. Ce jugement en première instance est définitif si les amendes infligées sont inférieures à 100F, ils ont un pouvoir de contrôle, d'inspection des manufactures, une compétence pénale de première instance limitée aux peines de trois jours maximum. Au départ dans les industries textiles, cela s'étend vite aux autres branches et à l'ensemble de l'artisanat. Ces tribunaux fonctionnent très vite et ont un relatif succès. Le code civil qui ne prévoit que la relation entre employé et employeur, est ainsi esquivé.
Le nombre d'affaires jugées par ces conseils sont très limités, 3% seulement, le reste des affaires portés devant les prud'hommes sont en général conciliés, parfois devant les maîtres des prud'hommes. Le succès de ces institutions est très rapide. Une jurisprudence propre aux prud'hommes s'établit et c'est autour de cela que les historiens débattent.

B. Un droit des ouvriers ?

Alain Cottereau dans Droit et bon droit : un droit des ouvriers instauré, puis évincé par le droit du travail (France, XIX° siècle), estime qu'il existe un droit des ouvriers fondé sur le louage d'ouvrage précisé dans le code civil (13 articles). Les engagements de l'ouvrier auraient avec leur patron un contrat de type « louage d'industrie », ce qui implique une relation conventionnelle mais égalitaire et consensuelle. Dans ce type d'engagement au marché, deux partenaires s'engagent de cette manière ce qui reflète l'autonomie réelle du monde du travail de la première industrialisation.

Le juriste Ernest Glasson définit en 1886, la relation salariale comme relation de subordination. Cette idée toujours dominante dans notre société évince toute la juridiction des prud'hommes sur les termes égalitaire. Il réfère le contrat de travail au contrat de louage de service caractéristiques des journaliers et des domestiques. Dans ce cas on est bien dans une relation de subordination. Mais cela se définit dans le cadre des lois du travail qui pousse l'État à devoir protégé les ouvriers.

L'article de Cottereau est très contesté, il insiste sur l'autonomie des acteurs de la première industrialisation ce que contestent les autres historiens avec les livrets ouvriers de la même époque par exemple. Il y a des marges d'autonomie préservée mais la discipline est sans cesse plus importante dans les fabriques.





Travail et industrialisation jusqu'aux années 1840


Peu de changements dans l'agriculture, la pêche, la domesticité et l'artisanat. Les changements sont surtout dans le domaine industriel. La Révolution Française a consolidé la paysannerie, notamment la plus aisée qui a su profité de l'abolition des droits féodaux et de la vente des biens nationaux. Les transferts de propriétés étant bien moindre que ce qu'on avait envisagé. D'autre part, celle-ci a maintenu la petite paysannerie. La Révolution fut donc conservatrice des structures anciennes via une préservation des droits collectifs. Elle aurait donc surtout freinée deux mouvements qui se développèrent lentement la concentration des terres et ???. Une large population paysanne reste sur les terres et sera intéressée par le deuxième âge de la proto-industrie.


  1. Des notions désormais contestées : révolution industrielle et retard français

  1. Un retard français ?

Cette idée toujours présente illustre une vision canonique de l'historiographie française. Les inventions mécaniques anglaises aurait donné la primauté de la révolution technicienne à l'Angleterre au XVIII° siècle. Elle se serait transportée avec retard en France. Cela débute avec la navette volante de John Kay en 1733 (date de dépôt du brevet, comme les autres dates qui suivent). Ces dates ne sont pas toujours prises par les inventeurs et souvent la machine existe depuis longtemps voire était déjà utilisé dans l'industrie. C'est le cas de cette machine volante qui accélère le filage des tisseurs bien qu'elle fut contestée et utilisée tardivement. La navette est suivie de la spinning-jenny de ??? en ???. Viennent les machines actionnées à l'eau avec la water-frame de Richard Arkwright en 1769 qui permettent des métiers à filer plus rapides et efficaces. Enfin vient la Mule-Jenny de Crompton en 1779 qui s'actionne à la vapeur. La machine à vapeur de Watt et Boulton en 1784 y est pour quelque chose. Avec le brevet, ces innovations techniques sont mises en place et entraîne des changements radicaux dans les formes de concentration dans les usines. Mais il faut des investissements de capital, d'où la notion de take off de Rostow en 1960 puisqu'on a doublé par deux la productivité des investissements.

On dit que ce take-off ne prit pas place en France en pleine Révolution politique quand l'Angleterre est en Révolution industrielle. Remise en cause dés les années 1970, Patrick O'Brien et Patrick Keider étudiant le « PIB » des deux pays à la fin du XVIII° siècle, ils étaient très peu différents. Commence alors la grande divergence entre l'Europe et la Chine, mais qui à l'époque était encore équivalent. La notion de take off, de rupture industrielle est contestée par cette thèse de la continuité.

  1. Rupture ou continuité ?

Tout les historiens qui remettent en cause le retard français insistent sur le fait que les innovations anglaises sont portées par tout le continent par la grande mobilité des hommes, des machines, des innovations et des idées. L'Angleterre n'aurait pu développer ces machines sans l'irrigation continu des ingénieurs du continent. Lemire et Berg insistent sur le fait que ces innovations techniques sont un phénomène européen et non anglais. La machine à vapeur, l'idée de se servir de la force de l'eau bouillante est déjà présente dans l'antiquité, au XVII° siècle avec des tentatives italiennes pour faire mouvoir des véhicules, Allemands, Français et Flamands feront des expériences dessus à leur tour. La machine à vapeur arrive plutôt in fine en Angleterre. Elle sert surtout à évacuer l'eau des mines puisque celle-ci dispose de l'énergie sur place. En prenant toutes les innovations techniques, c'est un long processus de mise en place avec de multiples innovations parfois d'individus connus, d'autres inconnus.

On a aussi insisté sur les spécificités anglaises qui illustrent le fait que le pays avait un intérêt plus rentable dans cette machine. Le pays relativement déboisé, l'énergie hydraulique limitée, … La vapeur via le charbon rendait la machine rentable plus qu'ailleurs en Europe, malgré les coûts d'investissements élevés.
Pomeranz réinsère la notion de rupture puisque l'avantage différentielle de l'Angleterre que de disposer de mines de charbon à coût faible, facilement extrayable, proche des manufactures et qui lui donne sur la Chine un avantage important. D'où un avantage dans son développement industriel.

  1. Révolution technique ou augmentation du facteur travail ?

Ce récit d'une Révolution industrielle met l'accent sur le rôle fondamental de ces inventions techniques dans le processus de la Révolution Industrielle. Cela fut aussi remis en cause dans les années 1970. Est ce que ce développement vient des nouvelles techniques ou est-ce plutôt l'augmentation du temps de travail des individus à cette époque ? Voth tenta de mesurer les deux dans Time and work in England, 1760 – 1830. Cet ouvrage parut en 2000 s'appuie sur des archives judiciaire pour reconstruire les emplois du temps des ouvriers. Par cette analyse quantitative, il prend trois périodes chronologiques et regarde l'évolution sur les trois dates. A ces yeux, il arrive à l'estimation du nombre d'heures annuelles travaillées passant de 2 700 heures de travail par an en 1760 à 3 500 en 1830. Le facteur travail semble bien plus important dans la première industrialisation que le facteur technique. D'autant plus que les machines tombent en panne, marchent mal, …
Voth appuie la thèse de De Vries sur la « révolution industrieuse », qui désigne par opposition à la Révolution Industrielle à l'accroissement de la quantité de travail en Occident dés 1650 à ses yeux. Cette augmentation du volume de travail se fait non pas tant dans l'allongement de la journée de travail mais surtout par le nombre de jours travaillés dans l'année. Il y a une réduction des jours de fêtes chômés qui se réduisent drastiquement surtout en 1804 avec 4 jours chômés en plus des dimanches sur un accord entre Église en Empire. Mais les dimanches étaient-ils vraiment jour de repos, rien n'est moins sur.
Des débats ont malgré tout lieu. Pour que la Révolution est lieu, il semble qu'il lui faille un désir de consommation qui explique le fait que les gens travaillent plus. Il y a donc mise au travail volontaire des familles européennes. La seconde explication insiste surtout sur les contraintes avec les salaires réels qui se dégradent. La baisse des salaires empêchent l'achat alimentaire ce qui pousse les gens à devoir travailler plus. Le débat reste ouvert.


  1. Les caractères originaux de l'industrialisation en France

Souligné dés les années 1970, on bannit la notion de retard français. On parle plutôt sur le continent d'un pluralisme industriel. Woronoff ou ??? soulignent la coexistence de formes de productions variées à la campagne, en ville ou dans les usines.

  1. Le maintien et le dynamisme de l'artisanat

Dans l'enquête de 1860 à Paris, il y a 100 000 petits patrons dont 31 000 emploient de 2 à 10 ouvriers, le petit ateliers reste très majoritaires quand 62 000 petits patrons n'en emploient aucun. Ce maintien d'un artisanat vivace est lié à l'importance d'un secteur du luxe dans la capitale, mais pas seulement. La structure artisanale n'est pas incompatible avec l'introduction de certaines mécaniques (scieurs de Lyon, coupeuses de poils de la Chapellerie, …). Il y a un maintien de la structure artisanale et introduction de nouvelles techniques pour les phases les moins qualifiées. Le recensement de 1851 montre que les personnes employées dans la petite industrie et l'artisanat sont au nombre de 4,7 millions en France et 1,3 millions pour les manufactures. Il n'y a pas le cas particulier de Paris, cela est général.

La structure reste longtemps caractérisée par ce que Jonathan Jetlin a nommé la spécialisation flexible, la capacité d'adaptation constante des ouvriers. Cela prend corps aussi dans la tournerie de Saint-Claude en Franche-Comté où après l'échec de l'industrialisation on est revenu à un domaine artisanal. Cela se constate aussi dans les arts de la terre, (briqueterie, tuilerie, …) où de petits ateliers se développent, ateliers ruraux, périurbains avec le chef de famille, sa famille et quelques ouvriers. Leur clientèle reste circonscrite dans un rayon assez limité.
De nouveaux secteurs vont être touchés. En particulier ceux de la confection. Ce domaine se développe à partir de la première moitié du XIX° siècle et connaît un essor avec de nouvelles formes de ventes : les Grands Magasins (Belle Jardinière, 1837 ; Bon Marché, 1852 ; Magasins du Louvre, 1855 ; Samaritaine, 1869 ; …) qui vendent des habits non faits sur mesure mais de type « prêt à porter ». On a des tailles standards qui apparaissent avec des coupes des patrons mais où le montage se fait dans un artisanat alentour et disséminé avec des femmes surtout. Cela va prendre son essor avec la machine à coudre. Dans les usines, on trouve le travail le plus standardisé avec les vêtements militaires, les ateliers artisanaux vont plutôt se spécialiser dans les confections de qualité et de luxe.

  1. Le second âge de la proto-industrie

C'est l'expression de Terrier, cette proto-industrialisation a servi de support à ??? dans l'industrie textile notamment. Il y a des formes de coexistence variées avec l'alliance d'une mécanisation progressive de textile (coton, laine peignée, laine cardée, …). Mi-XIX° siècle, ce secteur est très largement mécanisé. Parallèlement, il y a un phénomène de ruralisation du tissage, les ateliers mécaniques sont peu rentables, peu fiables et incapables de s'adapter rapidement à la diversité des productions. C'est ce qu'expliquent les grands industriels qui par flexibilité préfèrent ne pas avoir des machines contraignantes. On a 2 500 métiers à bras en 1837, 7 000 en 1855. Pareil à Roubaix, la Manchester française qui jusque vers 1870 utilisait massivement les métiers à bras. La souplesse est développée dans ce système avec des embauches accrues en période de croissance, cela évite les grands regroupements et les conflits du travail aussi.

On assiste à un renfoncement de la subordination des proto-ouvriers dans les campagnes avec l'arrivée de contremaîtres qui imposent des règles et une discipline du travail. C'est le cas de Richard Lenoir, un cotonnier qui implantent dans le monde Picard des contremaîtres pour ses travailleurs.
Qui dit ruralisation ne dit pas forcément concentration, où l'on a un nouveau type de métiers mécaniques qui se diffusent à la campagne. Ce phénomène de maintien et de renforcement de la proto-industrie se voit beaucoup à Lyon comme une « proto-industrialisation décalée » selon Cayez, avec un quart des métiers hors de Lyon ce qui est peu par rapport à d'autres. Ce mouvement de ruralisation finit par aboutir en 1830 à la moitié des métiers à tisser à la main hors de la ville. En 1877, 25 000 métiers de la Grande fabrique de Lyon, malgré un changement géographique, sont dans l'Isère.

Ce phénomène d'accroissement de la proto-industrie se voit en-dehors du textile comme par exemple dans la coutellerie de Thiers qui va elle aussi s'amplifier par une ruralisation accrue avec 5 000 personnes hors de la ville en 1827, 15 000 à 18 000 à la fin du XIX° siècle. Ce second âge de la proto-industrialisation est donc très dynamique et ne freine pas l'industrialisation français.

  1. La Grande Industrie

Cette Grande Industrie est encore un phénomène minoritaire jusque dans la seconde moitié du XIX° siècle. Entre vapeur et charbon, l'énergie hydraulique est la première énergie de la première industrialisation. (2/3 à 3 /4 du total). Celle-ci est peu couteuse, peu polluante et renouvelable. A côté de celle-ci on trouve l'énergie du bois mais qui se raréfie. La sidérurgie du bois connaît son plus haut niveau en 1856. Ce sont les deux énergies les plus répandues et utilisées.

On voit cependant apparaître le développement de la vapeur qui quadruple son rendement entre 1833 et 1847 passant de 15 m chevaux vapeur à 60 m vapeur. Cinq départements utilisent 52% de cette énergie.
Parallèlement se développe le charbon avec l'exploitation de mines dés le XVIII° siècle. Son augmentation se fait surtout dans la première moitié du XIX° siècle passant de 941 000 de tonnes à 18, 8 millions en 1880. La croissance du développement charbonnier semble plus importante en France qu'en Angleterre, plus visible encore après 1840. Des bassins se développent dés le XVIII° siècle autour de la Loire et dans le Nord. Ils produisent les deux tiers de la production nationale. En 1847, on découvre des gisements dans le Pas de calais suivis d'autres régions (Gard, Nivernais, …) même si le Pas de calais devient le plus important et le plus symbolique. Les industries voulant réduire les coûts de transport s'implantent donc dans ces zones proches de bassins de houille.

Il y a donc une mécanisation dans le textile notamment le coton avec une croissance des machines de plus en plus performante avec une vitesse de rotation des broches de 3 000 à 70 000 tours par minutes. La production annuelle d'une broche passe de 10 kilos à 18 kilos. Dans la laine, idem sous l'Empire, cela augmente, mais ce n'est que dans les années 1830 ou 1840.
Hors du textile, la mécanisation prend son essor dans la papèterie avec la machine à fabriquer le papier en très grande longueur grâce à Robert en 1799. La machine qui prend place en Eure et Loir en 1815 va s'étendre dans les années 1820.

Enfin cette mécanisation lance une construction mécanique avec un entrepreneur célèbre de l'époque, Koechlin. Il est entrepreneur en mécanique de toute sorte, la spécialisation n'est pas nécessaire à l'époque. Ces machines vont s'installer dans de nouveaux bâtiments, bien que cela reste à relativiser puisqu'il y a réutilisation de vieux couvents ou de vieilles églises. Toujours est-il qu'on constate une rationalisation de l'espace comme dans les manufactures proto-indutrielles. Cette organisation rationnelle de l'espace sera organisée autour de l'énergie (hydraulique, à vapeur, …). On cherche à minimiser les transports dans cet espace pour qu'il y ait le moins de transports possibles. C'est le cas de l'usine de fabrication d'orgues d'Ivry où l'ensemble des matières premières arrivent à l'Ouest et progressivement sont montées et assemblées dans des pièces différentes en se dirigeant vers l'Est de l'usine avant d'être exposées à l'Est de l'usine.
Il y a donc deux modèles : le modèle textile avec des édifices en hauteur et sur des étages, de grandes constructions verticales avec beaucoup de fenêtres pour la lumière, structures massives au plan géométrique classique dés le XVIII° siècle ; le modèle industriel plus cloué au sol et plus en longueur. Les nouveaux matériaux de construction étant les briques et le fer, même si le bois n'est pas facilement remplacé. Les prix de revient sont donc élevés (200 000 F pour une industrie textile en 1840) avec une professionnalisation de cette construction d'usine. On a donc un métier de construction d'usine qui combine le métier d'architecte (construction du bâtiment) et d'ingénieur (organisation de l'espace). Les premiers traités de ce métier et les traités de théorie d'organisation de l'espace apparaissant sur le tard. Il faut une organisation rationnelle de l'espace mais aussi développer une police de la main d'œuvre pour assurer avant tout la ponctualité des ouvriers, quitte à en virer quelques uns. Il faut aussi séparer les sexes pour éviter les désagréments moraux. A cela, il faut développer le travail payé non pas au temps, mais à la pièce ce qui devrait accroître la production.


dimanche 18 décembre 2011

Moderne 06 - 12


Précédemment : Moderne 29 - 11
Note : Du fait de son retard, Mme Maitte renvoie le début du cours au TD correspondant.

Anne Robert Jacques Turgot

  1. Le programme réformateur de Turgot

Cf TD

  1. Pourquoi abolir les corporations et la corvée ?

Cf TD
A. L'économie politique, les corporations et la corvée

B. ???

C. Par quoi les remplacer ?

Les corporations ne sont pas remplacées par rien du tout, puisque des registres sur base territoriale apparaissent. Des syndics sont nommés par l'autorité territoriale.
Les règlements des corporations ne sont pas visés par l'Édit de suppression, ils sont conservés mais restent dans un état de limbe assez flou. Les corvées sont remplacées par des physiocrates entrepreneurs privés en charge des routes, des ponts, … Les salariés et les ouvriers veulent être fixés. Pour cela il y a une taxe spécifique dans l'Édit d'abolition et elle est levée en fonction du coût. Ces taxes seront spécifiquement attachées aux routes, aux ponts, … Si elles n'est pas totalement utilisée, elle est reportée l'année suivante. Son prélèvement se perçoit sur tout les propriétaires privilégiés ou non. Elle est établie sur la base du vingtième (nouvel impôt de 1750). L'impôt est rapidement perverti et rien ne sera concrètement mis en application puisque Turgot sera renvoyé quelques mois après l'Édit.


  1. De 1776 à 1791

  1. Le renvoi de Turgot et le rétablissement des corporations

A. Le « carnaval Turgot »

Les corporations fêtent ces abolitions de Turgot dans une explosion de joie spontanée dont on ne sait grand chose si ce n'est qu'elle est spontanée. Les compagnons trouvent alors des moyens supplémentaires de faire leurs lois à leurs maîtres. L'identité sociale des maîtres et remise en cause par l'abolition des corporations qui était aussi un classement social des individus. Il y a donc une dénonciation forte de Turgot, du métissage social rendu possible par l'Édit contre l'ordre voulu de Dieu.
C'est aussi dans le domaine économique et social que cela se ressent. La soif du gain entrainera la tromperie généralisée dont le public sera la principale victime face à des marchandises et des services frauduleux car plus contraint par des règles. On a une vision chaotique où on réalise que le Marché ne peut se réguler seul, il lui faut des règles établies, et que la société n'est pas la somme des individus, il existe des corps fondements de la société.

B. La chute de Turgot

Cette chute vient de l'impression de chaos social suite à l'abolition des corporations (particulièrement à Paris). La police intervient rapidement avec de nombreuses arrestations et de nouvelles contraintes. Cela augmente les tensions. Le Parlement monte alors en première ligne contre les réformes de Turgot par lie de justice. Leurs arguments montrent bien que les fondements de la société sont en cause : la société este composé d'États (ordres pour nous) cela fonde et soutient la nation et si cela disparaissait ce serait le désordre. Ces idées reprennent les termes de Charles Loyseau auteur d'un traité sur les trois ordres. Le Parlement aboutit à la conclusion que certains doivent commander et d'autres obéir, il n'y a pas d'égalité possible.

L'agitation continue d'autant plus qu'elle avait déjà commencé avec l'augmentation des prix du pain qui provoque la guerre des farines. Cela avait provoqué le recul du roi sur les mesures de Turgot qui est renvoyé en 1776. C'est Clugny qui prend sa place, il va tenter de revenir sur les mesures de Turgot : abolition des corvées, abolition des corporations, diminution du prix du grain, … Il n'est plus question de faire la suppression de tout l'Édit royal, même si c'est un recul.

C. Le rétablissement des corporations et de la corvée

Necker prend la place de Turgot en 1777 comme directeur général des finances (pas contrôleur puisqu'il est d'origine suisse et est protestant). Il est appelé pour ses liens avec la banque genévoise dans une situation de banqueroute de l'État. Il sera renvoyé en 1781 puis rappelé en 1788. Le rachat des corvées en taxes ??? est posé en 1776, puis généralisé en 1786. Ce rachat est plus ou moins imposé aux corvéables même s'ils ne le désire pas. En 1789, elles sont reprises dans les intendances de Besançon, Bordeaux et Rennes.

Au total il y a 3 édits, 13 déclarations royales, 57 mesures, … cela montre bien la multiplication des tentatives de changements. Il y a la volonté d'imposer un système national unificateur tentant d'allier la règle et la liberté. C'est la recherche d'autres moyens pour aboutir à un résultat identique. Si cela prend sens rapidement à Paris, ailleurs on en sait peu de choses et les corporations de province ???

Ces mesures ont poussé à la fusion forcée d'anciennes corporations voisines vers un semblant de rationalisation, l'extension des métiers libres, l'ouverture des corporations aux femmes (et celles des femmes aux hommes), autorisation de s'inscrire dans plus d'un métier, réduction des droits d'entrées (mais l'État empoche ¾ de la taxe) et l'extinction d'office des litiges entre les différentes communautés. Il y a un rétablissement pas du tout à l'identique, le corporatisme d'antan a vécu et il faut instaurer de nouveaux modes de régulation du travail.

Les nouveaux maîtres sont de trois catégories : les Anciens maîtres qui doivent payer une droit de confirmation (ou de réunion) pour récupérer le statut de maître, ceux qui ont profité de l'Édit de février qui doivent payer 1/10 du droit d'entrée ou postuler à 1/3 du plein tarif et enfin les Agrégés, les nouveaux maîtres, qui ne peuvent participer aux réunions, ne peuvent avoir d'apprentis, … Les Agrégés sont pourtant les plus nombreux puisque les anciens maîtres refusent de payer leur taxe et préfèrent être Agrégés tout en revendiquant le statut d'anciens maîtres. Cela multiplie les tensions entre maîtres et le gouvernement qui ne l'avait pas prévu compte sur le temps pour calmer le jeu. Selon Kaplan, il y a une grande plasticité de la situation qui aurait été relativement voulue par le gouvernement. Cela crée des oppositions durables entre tout les maîtres et la restauration n'est pas à l'identique.

Dans le cas des métiers libres, ces nouveaux édits poussent à désigner des syndics qui doivent inspecter la qualité des produits. Un aspect disciplinaire tombe aussi reprenant les lettres patente de l'édit de 1749 avec le billet de sortie, ou l'interdiction des confréries de compagnons. On veut toujours imposer le respect du modèle de subordination. Kaplan note l'ampleur du traumatisme et son caractère durable. L'Ancien Régime s'achève dans une certaine confusion, de nombreux maîtres regrettent l'ancien système et les compagnons attende un changement en leur faveur qui serait définitif.

Pour les manufactures, Necker instaure un système original , la marque de liberté. Le consommateur pouvant choisir la qualité du produit, Necker laisse l'ancien système de marque colbertiste, mais il distingue les produits qui ne suivent pas les règlements. On peut donc faire les produits comme on le désire.

  1. La Révolution et l'ancien ordre du travail

Les cahiers de Doléances sont assez contradictoires mais très peu se font l'écho des thèses libérales et demandent l'abolition des corps (les compagnons y ont peu la parole). On a donc la voix des maîtres essentiellement qui expriment leur mécontentement face au chaos de 1776. Ils sont contre l'abolition de Turgot et le corporatisme de Necker. Ils demandent le retour à la situation d'antan qui leur semblait être l'idéal.

Les décisions révolutionnaires vont dans un sens différent mais c'est aussi sous le coût d'une improvisation. Le 4 août 1789, avec l'abolition des privilèges (La nuit du 4 août 1789, Hirsch) et surtout l'abolition des corvées. Par contre les corporations sont étrangement épargnées. Il y a vote d'une motion demandant la réforme des lois relatives aux corps de métiers, mais elle est oubliée dans la constitution. Cela n'empêche pas que la plupart des acteurs notamment les compagnons, voire les maîtres de corporation, vont faire comme si elles n'existaient plus. Cela est renforcée le 6 août 1789 avec la liberté d'agir sans entraves, d'où les compagnons sont persuadés que chacun peut travailler comme il veut. Mais cela n'est pas présent dans la déclaration des Droits de l'Homme.
De 1789 à 1790, les maîtres vont attirer le regard des autorités sur les insubordinations et les cabales des compagnons qui menacent l'ordre économique. C'est donc sous le coup de l'improvisation que sont prises les décisions de 1791 comme le montre Minard.

  1. Les abolitions de 1791

A. Les décrets d'Allarde du 2 au 17 mars 1791

C'est une patente qui prend acte du non-fonctionnement des corps et qui néanmoins prend une mesure fiscale dépendant du métier contrôlé. Cf texte.

B. Les lois Le Chapelier du 14 au 17 juin 1791

Loin de l'interprétation historiographique de l'aboutissement d'une réflexion libérale, c'est une décision politique qui aboutit à un vide juridique plus qu'à l'instauration d'un ordre nouveau. En effet, l'agitation ouvrière est le cœur du problème. Cette agitation surtout développée dans le domaine de l'imprimerie et du bâtiment. Les pétitions en nom collectif sont interdites donc on censure la liberté d'expression
On limite aussi les activités des clubs et sociétés populaires. Ce sont des décisions politiques sans contenus sur la travail.

C. Le décret Goudard, 27 septembre 1791

Ce décret supprime l'organisation des inspecteurs dans les manufactures mais rien n'a le temps d'être établi derrière et un nouveau vide juridique en sort. Seul l'État et les individus sont face à face, comme le montre la loi Le Chapelier. Finalement on a la réprobation durable de toute concertation collective (corporations), un désencastrement de l'économie et d'un brouillage durable puisque au nom de la liberté individuelle, les groupes d'intérêts sont interdits puisqu'ils sont établis pour les employeurs.



  1. De 1791 à 1848

  1. L'impossible rétablissement des corporations


(cf texte de Minard).
Pas de vision téléologique, on a proposé de nouveau les corporations dans la suite de l'Histoire mais la connotation dont elles sont chargées sous l'Ancien Régime l'ont condamné. On a toujours d'une part la nostalgie de l'ordre ancien (les Ultras sous la Restauration) avec la dénonciation des « monopoleurs », du pouvoir intégral de l'argent, la volonté de retrouver des relations interpersonnelles qui tiennent peu compte des pratiques et de la réalité des acteurs économiques. De fait, il y a des entorses aux règles de la liberté au nom de la santé publique (boulangers, médecins, …). Dans le premier XIX° siècle, il y a pas mal de reconnaissances tacites sur lesquelles les policiers ferment les yeux.
L'organisation corporative demeure encore un peu après la Révolution. Mais l'Empire a mis en place la possibilité de réorganisation des employeurs avec la restauration des chambres de commerce et des chambres consultatives d'arts et métiers qui permettent l'organisation des milieux patronaux de faire connaître leur volonté dans tel ou tel domaine puisqu'elles sont régulièrement consultées pour émettre leurs opinions sur telle ou telle matière.

  1. Les trois piliers de l'encadrement et de la discipline du travail

A. Une législation d'exception pour les ouvriers : le livret de travail

Dans la loi du 22 germinal an XI, (12 avril 1803), on a de nombreuses mesures dont celle du livret ouvrier. Dans les manufactures, on veut contrôler la population ouvrière très concentrées donc on instaure ce livret. Mais on laisse de coté des grands secteurs : bâtiment, agriculture, artisanat, … Ce livret contraint les ouvriers à posséder un livret administratif, sorte de pièce d'identité particulière qui autorise à passer d'un secteur à l'autre. On y indique les documents d'états civils sur lesquels on marque les emplois, les avances et les dettes des ouvriers. Bref on indique les obligations de l'ouvrier vis à vis de son employeur. Les autorités peuvent donc vérifier cela. Ce sont les autorités maires ou commissaires de police qui les délivrent.

La réalité de l'application pose problème. On a retrouvé très peu de ces livrets car cela c'est peu généralisé. D'autant que lorsque l'on fait du travail agricole, le livret est oublié. On a alors une pratique de contournement surtout qu'un ouvrier sans livret n'a pas de peines pénales. Beaucoup d'ouvriers se vexent, ils sont assimilés à des criminels, passent leur temps au commissariat, se sentent fichés, … Pourtant pour certains c'est une aide à l'emploi, un marqueur de qualité du travail, un instrument de crédit, preuve d'une régularité de conduite acceptés de certains ouvriers. Les avis sont partagés sur ce livret. En 1851 et 1854, on tente de les propager en rajoutant les sanctions pénales. Il y a renforcement dans la seconde moitié du XIX° siècle jusqu'en 1890.

B. Le « libre contrat » du code civil (1804)

Une fois abolies les jurandes, les métiers devraient se fonder sur des contrats librement consentis entre employés et employeurs avec des contrats entre égaux. Cet idéal ne prend pas en compte l'inégalité des situations entre contractants. Mais le code civil de Napoléon est très laconique en matière de contrats de travail. Ce code civil assure donc des articles généraux, par exemple, en l'absence de loi spécifique, l'usage prédomine, les juges jugeront les usages en vigueur. Il existerait trois espèces principales de louage : ceux des gens de travail s'engageant au service de quelqu'un, ceux des voituriers en charge des transports (gens ou marchandises) et ceux des entrepreneurs d'ouvrages par suite de devis ou de marchés. Sur le louage des domestiques et des ouvriers réunis ensemble, on a seulement deux lois laconiques (articles 1780 et 1781), l'une qui souligne la temporalité du contrat et l'autre qui place le maître (plutôt l'employeur) en position de force sur l'ouvrier puisqu'il est toujours crédible par sa parole devant les juges. Pourtant on est dans le cadre de contrats entre égaux. Le maître plus proche et plus instruit n'aurait pas intérêt à fraudé sur des sommes modestes. La preuve par les témoins eut été plus utile mais avec plus d'employés que d'employeurs on redoutait une coalition ouvrière.

C. Les règlements de fabrique

Ceux-ci ont été reconnus en frimaire an XII, on reconnaît la liberté à l'employeur de régler à sa manière tout les règlements concrets du droit de travail, donc ceux des fabriques et des manufactures. En 1803, on a discuté de règlements généraux de ces manufactures en les uniformisant mais ce fut jugé impossible à faire. Les employeurs ont eut droit de régler cela eux-mêmes. Ce sont des règlements privés mais ayant force de loi, d'où un flottement de légitimité dans ces règlements. Ces règlements ne sont bien sur jamais concertés au XIX° siècle et sont la règle propre de l'employeur que tout travailleur accepte tacitement en signant son contrat de travail. Ces règlements datant d'avant la Révolution vont proliférer dans tout le XIX° siècle. Ils permettent d'enchâsser ces règles de travail d'autant que cela repose sur l'autonomie de la volonté et de la primauté du contrat.
Ils sont donc très nombreux, règlementent tant le travail que l'attitude dans le lieu de travail (pas parler, pas se distraire, …). Il y a des amendes en cas d'individus contrevenant au règlement pouvant aller jusqu'à l'exclusion de l'ouvrier. Mais cela reste discuter puisque les règlements sont très nombreux dans les fabriques. Par contre, leur application est limitée, certains fabricants déclarant que ces règlements sont mis en place dans l'atelier mais ne servent que peu, tandis que les ouvriers préfèrent dire qu'ils sont contrôlés, soumis à un règlement et à des amendes. On a donc une multiplication des conflits devant les prud'hommes sur ces règlements.

mercredi 7 décembre 2011

TD10 HISTOIRE MODERNE

Séance n°10:
Les conflits du travail

Sur ce thème : un ouvrage indispensable< Michelle Perrault : Jeunesse de la grève< Seconde moitié du XIXème siècle : avant que le droit de grève soit reconnue. Le titre même peut induire en erreur avec l’idée que les mouvements de grèves soient liés qu’a l’industrialisation. Grèves existent depuis le Moyen-âge et sont nombreuses durant l’arrêt de travail est une des formes des négociations entre employeurs et travailleurs.

L’intérêt de ces deux articles, nous parles de ces grèves qui sont hors des corporations.

Travailleurs agricoles : les moissonneurs. Mouvement de grèves qui s’organisent en dehors la forme d’organisation la plus connue qui est le compagnonnage : forme d’organisation des compagnons incluent dans les corporations. Organisation illégale qui organisent les seuls compagnons, organisation parallèle, parfois tolérée et parfois réprimée mais structure les conflits entre maitres et compagnons.

3 types de conflits qui sont hors des corporations : mouvement précoces, 17-18ème siècle puis le ludisme qui se développe à partir de la fin du 18ème siècle.

Moriceau : article de 1985 dans La rébellion française de Jean Nicolas

Gayot : article de 1981.

Thème général : Quels sont les conflits du travail à l’époque moderne ?

Lancées des articles et thèses sur le mouvement ouvrier, sur sa genèse, ses ancêtres du XIXème siècle. Histoire du monde ouvrier qui a dominés les années 70.

Après les années 80, cela va retomber et l’on va s’intéresser aux autres acteurs.

Texte de Moriceau :

CNRS Histoire des sociétés rurales

Thèse : Développement des dynasties fermières dans le bassin parisien qui vont agrandir les exploitations et qui vont avoir des modes de culture de plus en plus rationnalisées.

Sources : Justice seigneuriale

Texte de Gayot :

Livre sur la franc-maçonnerie

Animateur d’une équipe de recherche à l’Université de Lille III< Il a fait sa thèse sur les draps de Sedan, publiée en 1998.

Article de 1881, montre qu’il avait déjà commencé à dépouillé les sources sur le sujet.

Type de titre principale: archives sur les autorités nationales< conseil des commerces, conseil du roi. Ces conflits vont remonter de l’échelle locale à l’échelle nationale. En cas de conflits graves, le conseil du roi va intervenir.

Registres et archives de la police et judiciaires. Conflits qui peuvent entrainer des violences, on voit intervenir la police et les juges. On a la mention des conflits une fois qu’ils ont succités assez de troubles une fois qu’ils sont passés devant une instance

Procès en 1748 puis en 1750< conflits du travail ne passent pas vers des juridictions ordinaires mais extraordinaire, c’est l’intendant qui juge c’est conflit. (archive départementale)

Compte-rendu pour ces deux textes :

Conflits sont considérés comme des atteintes à la vie publique, ils sont considérés. On a toujours le point de vue des autorités et de ceux qui se plaignent du conflit, rarement de ceux qui l’on fait< point de vue de la répression.

A Sedan on aussi les dépositions des tondeurs qui sont appelées comme témoins.

v Motivations de ces conflits :

Travailleurs agricoles :

- Salaires< niveau de la rémunération. Moissonneurs : coup importants pour l’ensemble de cette exploitation mais ce sont des manouvriers qui sont employés par équipes de moissonneurs. Une partie est des locaux et d’autres sont des migrants qui viennent d’autres régions. Le prix de la rémunération varie d’une année sur l’autre. C’est quand ils arrivent sur place qu’ils sont au courant des conditions de travail.

A Sedan :

Salaire : Ouvriers les plus qualifiés : les tondeurs< les seuls capables pour s’organiser pour faire pression sur l’employeur.

- Question des apprentis : tondeurs veulent réduire le nombre d’apprentis. C’est souvent une motivation importante des conflits. Nombres de personnes sous-payés qui vont ensuite pouvoir devenir compagnons< régler le nombre d’apprentis, c’est régler l’évolution future du marché du travail.

- Question de l’emploi des ouvriers étrangers< concurrence aux compagnons locaux, permet d’obtenir une plus grande docilité et des salaires plus bas de la part des compagnons.

- Les taches attribuées aux tondeurs : conditions de travail :

o Compagnons non gagés (ils ne sont pas dans des corporations) qu’ils sont payés selon le salaire au rendement< pour un temps donné il y a un salaire minimal mais si ils font plus ils peuvent être payés plus (règlement de 1698 qui prévoit combien de coups de ciseaux ils doivent donnés pour un drap par exemple)

o compagnons gagés qui sont payés au temps (pour le mois, la journée) < ils ne font pas toutes les taches qui ne sont pas payés comme porter les draps.

o Les apprentis sur lesquels les compagnons non gagés essaient de reporter les taches pénibles pour lesquelles ils ne sont pas payés.

Reprend les différents types de cabales faites par Kaplan. Cabales pour l’emploi, pour le salaire, cabales générales< cette distinction est souvent factice selon lui et il est difficile de déterminer les motifs qui sont imbriqués, mêlé. Distinction est un souci de simplification pour les historiens.

v Au niveau de la conjoncture :

Quand se déclenche ses mouvements ?

- Les tondeurs : C’est particulièrement en temps d’abondance que les grèves se déclenchent< période de relance et de dynamisme de l’activité. Tondeurs sont en position de force à ce moment. Il fait le parallèle avec l’étude de Perrault sur les mineurs au XIXème siècle.

« Grèves offensives » : période de bonne conjoncture et « grèves défensives » : période de conjoncture mauvaise

- Les moissonneurs : Juste avant la moisson, un moment où l’on a besoin d’eux. En période de meilleures récoltes, ils sont d’autant plus déterminés à agir. Il y a des variations conjoncturelles qui montrent que ce n’est pas seulement en période de crise que les revendications s’exercent.

v Comment se déclenche une grève ?

Lieu de réunions, privilégiés :

- Cabarets pour les moissonneurs.

- Assemblées générales qui se tient dans des petits villages, en dehors de la ville pour se réunir car on essai que la police soit le plus tard possible au courant.

Réunion qui permettent la discussion entre employés, réunions qui sont pourtant interdites.

2ème étape :

Ces réunions servent à élaborer des revendications qui sont formulées aux fabricants.

3ème étape :

Cessation de travail : il s’agit que tout le monde la respecte. On a des actions collectives en l’absence de toutes organisations collectives reconnues.

A Sedan cela se manifeste par un « Cloch » dit à voix haute. Puis ensuite intimidation et violences si certains ne cessent pas le travail et qui refusent le mouvement collectif. Souvent il y a une gradation (injures, coups, lapidation).

Il y a déjà des termes pour désigner ceux qui continuent à travailler malgrè les interdictions :

- les « jaunes », anachronismes de Moriceau. On parle de jaune au XXème siècle.

- A Sedan : Les « sales »

4ème étape :

Autorités locales, polices voir armées (A Sedan) interviennent. En milieu rural c’est la maréchaussée qui intervient.

Puis éventuellement : répression.

v Evolution de ces mouvements :

Année 1730, se généralise en 1750. Rejoignent ensuite le mouvement de la grande peur (mouvement d’attaque des châteaux dans les campagnes françaises). Mais elles cessent un peu par des conventions entre employeurs (fermiers et laboureurs) qui vont les amener à dominer le marché du travail même ces mouvements persistes au XIXème siècle.

A Sedan, le premier mouvement est connu par le règlement qui finit le conflit en 1698, ensuite il y a les petites cabales qui sont souvent limitées à une ou deux entreprises, puis deux grands mouvements de 1748 (tondeurs réussissent à avoir le dessus) et ensuite de 1750 (ce sont les fabricants qui s’appellent eux-mêmes « les bien intentionnés »< ils portent l’épreuve de force contre les tondeurs car fabricants sont divisés en fonction des relations à avoir avec les travailleurs. Protestants sont favorables à la répression, ils font advenir une nouvelle morale manufacturière et les chrétiens sont plus pour essayer de donner du travail aux tondeurs toute l’année, des salaires négociés pour que chacun puisse survivre ). 1780 : « La cloch finale ».

Ex : Laboche< liberté totale dans le cadre du travail. Absence de régulation quand elle permet d’imposer un rapport de force avec la main d’œuvre.

v Les éléments de force de la main d’œuvre :

Ils sont différents dans un cas comme dans l’autre.

- Moissonneurs :

o Anonymes

o Nombreux

o Solidarité d’origine car beaucoup sont engagés par équipes, ils se connaissent entre eux.

o L’organisation du travail avec ce système d’équipe et chef d’équipe qui négocie les termes oraux du contrat.

- Les tondeurs :

o La qualification : savoir-faire recherché et pas évident car on ne peut les remplacés facilement

o Nombreux

o Solidarité construite par le métier et la reconnaissance du savoir-faire professionnel, pas dès le départ, des fois imposée.

> Organisation de caisses secrètes qui permettent de soutenir le mouvement

> Solidarité aussi en dehors du seul groupe des tondeurs

Conclusion :

Prise de conscience de la part des travailleurs qu’ils sont un tout et de même pour les tondeurs. Finalement, c’est une espèce de modernité (dans le sens capitaliste) des rapports sociaux. Idem a Sedan notamment à partir du privilège.

* Exposé 1 : Le luddisme en France

Premier à avoir brisé une machine. Mouvement prend rapidement de l’ampleur mais de manière relativement pacifique. Beaucoup de répression (pendaisons)

Revendication des ouvriers. Peur de voir les machines diminuer leurs activités.

Pb : En quoi le luddisme est une réaction sociale face à la Révolution industrielle ?

I- L’ère industrielle des changements

Quels changements pour quelle nouvelle ère ?

Révolution industrielle est plus longue et moins intense qu’en Ang. Au cours du XIXème siècle que la machine se développe dans le secteur de l’agriculture et des transports.

Apparition en 1924, de la moissonneuse batteuse par Cyrius Mc Cornick. Puis charrue et engrais chimiques.

Mobilité est augmentée.

Deux secteurs touchés principalement par la mécanisation :

- Métallurgie

- Industrie textile : premier métier à tisser mécanique en 1785 d’Edmund Cortwright

Rendement et production plus efficace mais ce changement n’est pas bien accepté partout.

Acceptation ou peur : l’ouvrier face à l’ère industrielle

Peur de la machine considérée comme un mange gagne-pain.

Ex : femmes sont massivement remplacées.

Mais cette peur n’est pas toujours existante.

Manifestations peuvent être plus ou moins pacifiques< émeutes contre les machines

II- Une réaction violente : le luddisme

Qu’est-ce que le luddisme ? Son idéologie et ces rites

Mouvements créés par les ouvriers. Peur du chômage et de la misère. Réelle crainte d’appauvrissement. Patronat s’enrichie au dépend du peuple : source d’injustice

Qualité des produits est considérée comme moins bonne avec les machines.

A partir de 1820 on tente de lutter grâce à la fiscalité et de pétition qui demande à l’Etat de faire preuve d’humanisme.

Tradition dans la destruction des machines :

- Main d’œuvre qui fait d’abord appelle aux lois

- Puis appelle à la moral< symbolique festive.

- Pétition

- Cohésion sociale : organisation de petits groupes qui s’organise pour rependre le mouvement.

- Machine sont détruites, jetées à l’eau

Un mouvement qui touche une large partie de la population

Deux grands pics d’émeutes :

- 1832< crise économique emmène des émeutes comme à Elbeuf concernant la filature des femmes.

Juillet de 1837 : Manufacture de la laine : ouvriers se réunissent et machine est détruite.

- 1850

Machine est associée au chômage

Oppositions et solutions face au mouvement

Opposant au ludisme : industriels qui essaient d’anticiper les mouvements. Peur de l’élite économique du pays, 1789 est encore présent dans les esprits.

Ces industriels font passer le luddisme comme un frein au développement de l’industrie et de désordre sociale< demande appuie de l’Etat.

Acceptation par la « civilisation » des masses ?

Etat aspire à la « civilisation » des masses, au contrôle< Etat se veut comme un pédagogue. Acculturation de la machine dans les esprits de la population.

Ex : Cours ouvriers sont créés. Idée qui n’est pas très bien accueillie en province.

Monarchie de juillet< volonté d’acculturation.

Reprise :

Longtemps considéré comme un mouvement bizarre, terme de Hauser dans les années 30. Mouvement qui très rapidement a été réprouvé un peu près par tous, y compris par ceux qui se faisaient les portes-paroles de la classe ouvrière< mouvement contre le progrès, contre l’innovation technique, résultat de l’ignorance populaire.

Thompson : S’oppose à l’idée que le mouvement forcement rétrograde, inorganisé mais qu’il y a des logiques et même à travers le discours des idées concernant les rapports économiques et conditions dans lesquelles peuvent se faire les innovations techniques.

L’idée qui prévalait est que ce mouvement est essentiellement anglais et pratiquement inexistant en France< Thèse de Jarrije ( ?) s’oppose à ça

Mouvement dure plus longtemps en France mais apogée se fait en 1811-1812 à un moment de multiples crises en Ang.

En France ce mouvement dure de la fin du XVIIème siècle à 1850.

Mouvement dépend de la conjoncture locale, de la force des groupes locaux.

Territoires et chronologie du luddisme en France

- Dans le Textile :

Certaine mécanique sont introduite notamment dans le coton. Dans les grands centres cotonniers tels que Rouen, Troyes ou Lille.

On s’en prend aux premières machines pour filler le coton. Machines sont identifiées comme des tueuses de bras et pourvoyeuses de chômage.

Relativement bref car pas de tradition d’organisation dans le secteur du coton, concerne essentiellement des femmes, recomposition de la main d’œuvre qui rend veine les organisations.

- Dans la laine : 1830

Filature et tonte des draps. Dans la filature pour faire face au nombre trop importants de fileuses pour approvisionner un métier.

On retrouve des réactions contractées. Dans les régions du Nord : pas de très grandes émeutes, pas de grandes violences car bonne conjoncture et possibilités de retrouver facilement un emploi contrairement au sud et la région de Languedoc< situation déprimée

Les ouvriers des métiers :

Comment les métiers que l’on qualifierait plus comme des métiers de l’artisanat sont aussi touchés par la mécanisation et donc un mouvement luddite important

o Imprimerie : on lutte contre la suppression des presseurs et la féminisation du travail.

o Métier de la décoration : Ebénisterie

o Papier peints : fabrique relativement importante comme celle de Réveillon.

Discours sur la qualité

- Confection et cordonnerie : On cloute de façon mécanique les chaussures, introduction de la machine à coudre.

Boulangerie : introduction du pétrissage mécanique

Ensemble de domaines ou sont introduites de mécanisation qui remettent en cause les savoirs faires et équilibre des fabriques.

Aboutissement dans les années 1850 (à partir de 1848 : pic des émeutes) :

Dans 3 domaines essentiellement :

- Filature de la laine

- Bonneterie

- Agriculture : battage mécanique

Chronologie différenciée et territoires qui répondent toujours à des modalités d’actions. « Grammaire de résistance ouvrière » (Jarrije) qui se traduit par des modalités d’actions relativement similaires.