dimanche 18 décembre 2011
mercredi 7 décembre 2011
TD10 HISTOIRE MODERNE
Sur ce thème : un ouvrage indispensable< Michelle Perrault : Jeunesse de la grève< Seconde moitié du XIXème siècle : avant que le droit de grève soit reconnue. Le titre même peut induire en erreur avec l’idée que les mouvements de grèves soient liés qu’a l’industrialisation. Grèves existent depuis le Moyen-âge et sont nombreuses durant l’arrêt de travail est une des formes des négociations entre employeurs et travailleurs.
L’intérêt de ces deux articles, nous parles de ces grèves qui sont hors des corporations.
Travailleurs agricoles : les moissonneurs. Mouvement de grèves qui s’organisent en dehors la forme d’organisation la plus connue qui est le compagnonnage : forme d’organisation des compagnons incluent dans les corporations. Organisation illégale qui organisent les seuls compagnons, organisation parallèle, parfois tolérée et parfois réprimée mais structure les conflits entre maitres et compagnons.
3 types de conflits qui sont hors des corporations : mouvement précoces, 17-18ème siècle puis le ludisme qui se développe à partir de la fin du 18ème siècle.
Moriceau : article de 1985 dans La rébellion française de Jean Nicolas
Gayot : article de 1981.
Thème général : Quels sont les conflits du travail à l’époque moderne ?
Lancées des articles et thèses sur le mouvement ouvrier, sur sa genèse, ses ancêtres du XIXème siècle. Histoire du monde ouvrier qui a dominés les années 70.
Après les années 80, cela va retomber et l’on va s’intéresser aux autres acteurs.
Texte de Moriceau :
CNRS Histoire des sociétés rurales
Thèse : Développement des dynasties fermières dans le bassin parisien qui vont agrandir les exploitations et qui vont avoir des modes de culture de plus en plus rationnalisées.
Sources : Justice seigneuriale
Texte de Gayot :
Livre sur la franc-maçonnerie
Animateur d’une équipe de recherche à l’Université de Lille III< Il a fait sa thèse sur les draps de Sedan, publiée en 1998.
Article de 1881, montre qu’il avait déjà commencé à dépouillé les sources sur le sujet.
Type de titre principale: archives sur les autorités nationales< conseil des commerces, conseil du roi. Ces conflits vont remonter de l’échelle locale à l’échelle nationale. En cas de conflits graves, le conseil du roi va intervenir.
Registres et archives de la police et judiciaires. Conflits qui peuvent entrainer des violences, on voit intervenir la police et les juges. On a la mention des conflits une fois qu’ils ont succités assez de troubles une fois qu’ils sont passés devant une instance
Procès en 1748 puis en 1750< conflits du travail ne passent pas vers des juridictions ordinaires mais extraordinaire, c’est l’intendant qui juge c’est conflit. (archive départementale)
Compte-rendu pour ces deux textes :
Conflits sont considérés comme des atteintes à la vie publique, ils sont considérés. On a toujours le point de vue des autorités et de ceux qui se plaignent du conflit, rarement de ceux qui l’on fait< point de vue de la répression.
A Sedan on aussi les dépositions des tondeurs qui sont appelées comme témoins.
v Motivations de ces conflits :
Travailleurs agricoles :
- Salaires< niveau de la rémunération. Moissonneurs : coup importants pour l’ensemble de cette exploitation mais ce sont des manouvriers qui sont employés par équipes de moissonneurs. Une partie est des locaux et d’autres sont des migrants qui viennent d’autres régions. Le prix de la rémunération varie d’une année sur l’autre. C’est quand ils arrivent sur place qu’ils sont au courant des conditions de travail.
A Sedan :
Salaire : Ouvriers les plus qualifiés : les tondeurs< les seuls capables pour s’organiser pour faire pression sur l’employeur.
- Question des apprentis : tondeurs veulent réduire le nombre d’apprentis. C’est souvent une motivation importante des conflits. Nombres de personnes sous-payés qui vont ensuite pouvoir devenir compagnons< régler le nombre d’apprentis, c’est régler l’évolution future du marché du travail.
- Question de l’emploi des ouvriers étrangers< concurrence aux compagnons locaux, permet d’obtenir une plus grande docilité et des salaires plus bas de la part des compagnons.
- Les taches attribuées aux tondeurs : conditions de travail :
o Compagnons non gagés (ils ne sont pas dans des corporations) qu’ils sont payés selon le salaire au rendement< pour un temps donné il y a un salaire minimal mais si ils font plus ils peuvent être payés plus (règlement de 1698 qui prévoit combien de coups de ciseaux ils doivent donnés pour un drap par exemple)
o compagnons gagés qui sont payés au temps (pour le mois, la journée) < ils ne font pas toutes les taches qui ne sont pas payés comme porter les draps.
o Les apprentis sur lesquels les compagnons non gagés essaient de reporter les taches pénibles pour lesquelles ils ne sont pas payés.
Reprend les différents types de cabales faites par Kaplan. Cabales pour l’emploi, pour le salaire, cabales générales< cette distinction est souvent factice selon lui et il est difficile de déterminer les motifs qui sont imbriqués, mêlé. Distinction est un souci de simplification pour les historiens.
v Au niveau de la conjoncture :
Quand se déclenche ses mouvements ?
- Les tondeurs : C’est particulièrement en temps d’abondance que les grèves se déclenchent< période de relance et de dynamisme de l’activité. Tondeurs sont en position de force à ce moment. Il fait le parallèle avec l’étude de Perrault sur les mineurs au XIXème siècle.
« Grèves offensives » : période de bonne conjoncture et « grèves défensives » : période de conjoncture mauvaise
- Les moissonneurs : Juste avant la moisson, un moment où l’on a besoin d’eux. En période de meilleures récoltes, ils sont d’autant plus déterminés à agir. Il y a des variations conjoncturelles qui montrent que ce n’est pas seulement en période de crise que les revendications s’exercent.
v Comment se déclenche une grève ?
Lieu de réunions, privilégiés :
- Cabarets pour les moissonneurs.
- Assemblées générales qui se tient dans des petits villages, en dehors de la ville pour se réunir car on essai que la police soit le plus tard possible au courant.
Réunion qui permettent la discussion entre employés, réunions qui sont pourtant interdites.
2ème étape :
Ces réunions servent à élaborer des revendications qui sont formulées aux fabricants.
3ème étape :
Cessation de travail : il s’agit que tout le monde la respecte. On a des actions collectives en l’absence de toutes organisations collectives reconnues.
A Sedan cela se manifeste par un « Cloch » dit à voix haute. Puis ensuite intimidation et violences si certains ne cessent pas le travail et qui refusent le mouvement collectif. Souvent il y a une gradation (injures, coups, lapidation).
Il y a déjà des termes pour désigner ceux qui continuent à travailler malgrè les interdictions :
- les « jaunes », anachronismes de Moriceau. On parle de jaune au XXème siècle.
- A Sedan : Les « sales »
4ème étape :
Autorités locales, polices voir armées (A Sedan) interviennent. En milieu rural c’est la maréchaussée qui intervient.
Puis éventuellement : répression.
v Evolution de ces mouvements :
Année 1730, se généralise en 1750. Rejoignent ensuite le mouvement de la grande peur (mouvement d’attaque des châteaux dans les campagnes françaises). Mais elles cessent un peu par des conventions entre employeurs (fermiers et laboureurs) qui vont les amener à dominer le marché du travail même ces mouvements persistes au XIXème siècle.
A Sedan, le premier mouvement est connu par le règlement qui finit le conflit en 1698, ensuite il y a les petites cabales qui sont souvent limitées à une ou deux entreprises, puis deux grands mouvements de 1748 (tondeurs réussissent à avoir le dessus) et ensuite de 1750 (ce sont les fabricants qui s’appellent eux-mêmes « les bien intentionnés »< ils portent l’épreuve de force contre les tondeurs car fabricants sont divisés en fonction des relations à avoir avec les travailleurs. Protestants sont favorables à la répression, ils font advenir une nouvelle morale manufacturière et les chrétiens sont plus pour essayer de donner du travail aux tondeurs toute l’année, des salaires négociés pour que chacun puisse survivre ). 1780 : « La cloch finale ».
Ex : Laboche< liberté totale dans le cadre du travail. Absence de régulation quand elle permet d’imposer un rapport de force avec la main d’œuvre.
v Les éléments de force de la main d’œuvre :
Ils sont différents dans un cas comme dans l’autre.
- Moissonneurs :
o Anonymes
o Nombreux
o Solidarité d’origine car beaucoup sont engagés par équipes, ils se connaissent entre eux.
o L’organisation du travail avec ce système d’équipe et chef d’équipe qui négocie les termes oraux du contrat.
- Les tondeurs :
o La qualification : savoir-faire recherché et pas évident car on ne peut les remplacés facilement
o Nombreux
o Solidarité construite par le métier et la reconnaissance du savoir-faire professionnel, pas dès le départ, des fois imposée.
> Organisation de caisses secrètes qui permettent de soutenir le mouvement
> Solidarité aussi en dehors du seul groupe des tondeurs
Conclusion :
Prise de conscience de la part des travailleurs qu’ils sont un tout et de même pour les tondeurs. Finalement, c’est une espèce de modernité (dans le sens capitaliste) des rapports sociaux. Idem a Sedan notamment à partir du privilège.
Exposé 1 : Le luddisme en France
Premier à avoir brisé une machine. Mouvement prend rapidement de l’ampleur mais de manière relativement pacifique. Beaucoup de répression (pendaisons)
Revendication des ouvriers. Peur de voir les machines diminuer leurs activités.
Pb : En quoi le luddisme est une réaction sociale face à la Révolution industrielle ?
I- L’ère industrielle des changements
Quels changements pour quelle nouvelle ère ?
Révolution industrielle est plus longue et moins intense qu’en Ang. Au cours du XIXème siècle que la machine se développe dans le secteur de l’agriculture et des transports.
Apparition en 1924, de la moissonneuse batteuse par Cyrius Mc Cornick. Puis charrue et engrais chimiques.
Mobilité est augmentée.
Deux secteurs touchés principalement par la mécanisation :
- Métallurgie
- Industrie textile : premier métier à tisser mécanique en 1785 d’Edmund Cortwright
Rendement et production plus efficace mais ce changement n’est pas bien accepté partout.
Acceptation ou peur : l’ouvrier face à l’ère industrielle
Peur de la machine considérée comme un mange gagne-pain.
Ex : femmes sont massivement remplacées.
Mais cette peur n’est pas toujours existante.
Manifestations peuvent être plus ou moins pacifiques< émeutes contre les machines
II- Une réaction violente : le luddisme
Qu’est-ce que le luddisme ? Son idéologie et ces rites
Mouvements créés par les ouvriers. Peur du chômage et de la misère. Réelle crainte d’appauvrissement. Patronat s’enrichie au dépend du peuple : source d’injustice
Qualité des produits est considérée comme moins bonne avec les machines.
A partir de 1820 on tente de lutter grâce à la fiscalité et de pétition qui demande à l’Etat de faire preuve d’humanisme.
Tradition dans la destruction des machines :
- Main d’œuvre qui fait d’abord appelle aux lois
- Puis appelle à la moral< symbolique festive.
- Pétition
- Cohésion sociale : organisation de petits groupes qui s’organise pour rependre le mouvement.
- Machine sont détruites, jetées à l’eau
Un mouvement qui touche une large partie de la population
Deux grands pics d’émeutes :
- 1832< crise économique emmène des émeutes comme à Elbeuf concernant la filature des femmes.
Juillet de 1837 : Manufacture de la laine : ouvriers se réunissent et machine est détruite.
- 1850
Machine est associée au chômage
Oppositions et solutions face au mouvement
Opposant au ludisme : industriels qui essaient d’anticiper les mouvements. Peur de l’élite économique du pays, 1789 est encore présent dans les esprits.
Ces industriels font passer le luddisme comme un frein au développement de l’industrie et de désordre sociale< demande appuie de l’Etat.
Acceptation par la « civilisation » des masses ?
Etat aspire à la « civilisation » des masses, au contrôle< Etat se veut comme un pédagogue. Acculturation de la machine dans les esprits de la population.
Ex : Cours ouvriers sont créés. Idée qui n’est pas très bien accueillie en province.
Monarchie de juillet< volonté d’acculturation.
Reprise :
Longtemps considéré comme un mouvement bizarre, terme de Hauser dans les années 30. Mouvement qui très rapidement a été réprouvé un peu près par tous, y compris par ceux qui se faisaient les portes-paroles de la classe ouvrière< mouvement contre le progrès, contre l’innovation technique, résultat de l’ignorance populaire.
Thompson : S’oppose à l’idée que le mouvement forcement rétrograde, inorganisé mais qu’il y a des logiques et même à travers le discours des idées concernant les rapports économiques et conditions dans lesquelles peuvent se faire les innovations techniques.
L’idée qui prévalait est que ce mouvement est essentiellement anglais et pratiquement inexistant en France< Thèse de Jarrije ( ?) s’oppose à ça
Mouvement dure plus longtemps en France mais apogée se fait en 1811-1812 à un moment de multiples crises en Ang.
En France ce mouvement dure de la fin du XVIIème siècle à 1850.
Mouvement dépend de la conjoncture locale, de la force des groupes locaux.
Territoires et chronologie du luddisme en France
- Dans le Textile :
Certaine mécanique sont introduite notamment dans le coton. Dans les grands centres cotonniers tels que Rouen, Troyes ou Lille.
On s’en prend aux premières machines pour filler le coton. Machines sont identifiées comme des tueuses de bras et pourvoyeuses de chômage.
Relativement bref car pas de tradition d’organisation dans le secteur du coton, concerne essentiellement des femmes, recomposition de la main d’œuvre qui rend veine les organisations.
- Dans la laine : 1830
Filature et tonte des draps. Dans la filature pour faire face au nombre trop importants de fileuses pour approvisionner un métier.
On retrouve des réactions contractées. Dans les régions du Nord : pas de très grandes émeutes, pas de grandes violences car bonne conjoncture et possibilités de retrouver facilement un emploi contrairement au sud et la région de Languedoc< situation déprimée
Les ouvriers des métiers :
Comment les métiers que l’on qualifierait plus comme des métiers de l’artisanat sont aussi touchés par la mécanisation et donc un mouvement luddite important
o Imprimerie : on lutte contre la suppression des presseurs et la féminisation du travail.
o Métier de la décoration : Ebénisterie
o Papier peints : fabrique relativement importante comme celle de Réveillon.
Discours sur la qualité
- Confection et cordonnerie : On cloute de façon mécanique les chaussures, introduction de la machine à coudre.
Boulangerie : introduction du pétrissage mécanique
Ensemble de domaines ou sont introduites de mécanisation qui remettent en cause les savoirs faires et équilibre des fabriques.
Aboutissement dans les années 1850 (à partir de 1848 : pic des émeutes) :
Dans 3 domaines essentiellement :
- Filature de la laine
- Bonneterie
- Agriculture : battage mécanique
Chronologie différenciée et territoires qui répondent toujours à des modalités d’actions. « Grammaire de résistance ouvrière » (Jarrije) qui se traduit par des modalités d’actions relativement similaires.
mardi 6 décembre 2011
Le mythe selon Lévi-Strauss
Fruit du hasard sur une recherche internet.
Voilà de quoi définir d'une certaine manière, selon Lévi-Strauss, le mythe.
Vidéo de moins de 5 min.
Même question posée beaucoup plus tard, même réponse, avec une nuance subtile et très intéressante à partir de 2'45 qui recontextualise le mythe dans notre société. Je l'imagine bien dire "Et vlan" à la fin de la vidéo (ok je vais dormir c'est l'heure). ^^
Géo des Suds 30 - 11
Rénovation d'une route en Afrique
Or noir et matières première : nouvelles promesses de développement ?
Le boom des matières premières : un élan fragile
La croissance économique mesurée par le PIB s'est améliorée fin des années 1990 jusqu'à 2008. Cette hausse annuelle de 6% en moyenne et comme l'inflation est restée faible, cela fut visible. Seule l'Afrique de l'Ouest connu une croissance modérée car les ressources sont moins nombreuses. Cela permet d'estimer que pour sortir de la pauvreté, il faut une croissance de 7% sur quelques années, on est donc pas loin. Par contre, la question politique joue à son tour pour savoir où va l'argent. Or ce fut la conjoncture mondiale qui permit cette croissance, essentiellement la Chine à la recherche de ressources.
On a donc un augmentation des caisses de l'État qui s'est retrouvé dans des infrastructures de transports, des services énergétiques, … Bref des investissements allant de paire avec les exploitations minières, pas véritablement social.
La crise de 2008 et l'Afrique Subsahrienne
On estime que si les matières premières restent élevées le développement sera accentué. Par contre avec la crise, les chutes d'achat pourraient nuire à l'Afrique. On constate des hausses spectaculaires des matières premières qui chutent, ou se stabilisent en 2008 avant de redémarrer de manière plus faible.
Or les économies africaines peu diversifiées y sont sensibles, en Zambie une vente de cuivre élevée assure des ressources mais cela peut (et d'ailleurs s'est) effondrée. Du coup, les politiques n'investissent pas dans des projets puisqu'on ne sait pas ce qui va entrer dans les caisses le lendemain. Les effets peuvent se compenser mais aujourd'hui, l'Afrique connaît une croissance réduite. Or les économies européennes ont des impacts sur l'Afrique. Les pays africains d'ailleurs pensent ne pas être touchés par la crise car trop peu mondialisés. En réalité l'impact de la crise sur l'Afrique eut bien lieu remettant en cause ce manque de mondialisation. On en a donc constaté que si l'impact des banques été faible (sauf dans quelques pays), les flux présents en Afrique ont aussi fuit avec le départ de chantiers étrangers, l'impact est indirect. De plus, les diasporas africaines à l'étranger ont réduit leurs remises envoyées à destination du pays d'origine (montant parfois à 20% des ressources extérieures de certains pays africains comme le Mali). Enfin, les débouchés des pays africains ont vus la vente de leurs produits réduites et leur valeur diminuer. Du coup, l'impact à venir pourrait peut être devenir plus dramatique qu'on ne le pense.
Le secteur informel fut aussi touché indirectement par cette crise. Les individus touchés par la crise, voient leur pouvoir d'achat se réduire et donc achètent moins, y compris dans l'économie informelle. Le continent est donc bien insérée dans la mondialisation et subi à sa manière les contrecoups de l'économie mondiale.
Dans leur étude Lions on the move, référence aux dragons asiatiques puis aux tigres asiatiques, l'institut McKinsey Global Institute croit beaucoup au développement de l'Afrique. Ils expliquent qu'il y a une répartition assez large des bénéfices économiques dans des secteurs différents (transports, agriculture, …). Dans les budgets des ménages, ils constatent que les dépenses essentielles créant peu de croissance sont stabilisées et la partie des dépenses non-essentielles augmente ainsi que la diversité d'achat des ménages aussi. Les deux tiers des dépenses des ménages en 2000 sont essentielles, et en 2008, on est à 55%, donc la moitié environ de l'argent des ménages peut être utilisé ailleurs. De fait, on a connu un accroissement sans équivalent du marché de la téléphonie mobile (multiplication des portables, passage de village sans téléphones fixes aux portables, boutiques de location de portables, cabinards, …). Internet commence à émerger mais lentement à cause des infrastructures qui devraient aller avec. A l'horizon 2020, l'institut pense qu'on peut passer sous la barre des 50% de consommation essentielle. On parle de « petite prospérité », le basculement de certains pauvres vers le bas des couches moyennes. Ainsi en Inde, des tas d'entreprises forment des téléphones peu chers, intermédiaire entre les prêteurs de téléphone et les grandes boutiques. En Afrique, cela n'a pas lieu, on a les deux extrêmes mais peut être que la petite prospérité peut amener à cela.
Grâce à l'institut, on peut alors distinguer les pays sans ressources ou très instables (Mali, République Démocratique du Congo, …), les pays pétroliers qui ne réinvestissent pas (Nigéria), les pays diversifiés avancés (Afrique du Sud) et les pays en transition apparentes par fois fragiles (Cameroun, Ghana, Tanzanie) parfois non (Zambie, Sénégal). Une grande partie de ces pays semble avoir effectué une transition vers le mieux. A voir des sceptiques attendent derrière de voir les attitudes des investisseurs.
Mobilités, transports et intégrations
C'est la matérialisation physique de l'économie, puisque celle-ci favorise un développement économique. La structuration de l'espace est déterminante mais très peu avancée par les pays africains.
Un continent rugueux
A. Des infrastructures archaïques
Vu que l'essentiel des exportations africaines (80%) passent par les ports, c'est le nerf de leur économie. Par contre, les cours d'eau africains sont très peu utilisés parce que les flux varient selon la saison et que des tronçons sont impraticables par bateau. Du coup, la circulation continentale se fait souvent par routes or le réseau est très très très lacunaire, ce qui ne facilite pas les flux. On parle de pénalité logistique de l'Afrique à cause des transports limités. On a des développements partiels par endroits, par intérêts des investisseurs, mais ce n'est jamais une politique complète.
Les ports importants sont Abidjan qui avec son effondrement par la guerre civile a favorisé des ports alentours (Dakar, Tema, …). On a une concentration au Nord de l'Afrique de l'Ouest des ports, après Douala (Cameroun) on a plus de ports avant Luanda (Angola), puis le suivant est Le Cap (Afrique du Sud). Ces ports sont de plus souvent mal équipés et couteux. Les ports sont souvent trop petits pour accueillir les gros cargos, on décharge en mer ce qui coûte très cher. Le coût de la cellule est 22% plus cher en Afrique qu'en Amérique du Sud et 15% plus cher qu'en Inde. L'efficacité à quai est assez lente et assez douteuse (formation faible de la main d'œuvre, salaire peu intéressant, bureaucrates locaux peu concernés, formalité longues, …). On parle de boucle logistique pour qualifier l'ensemble des acteurs lors d'un transport et en Afrique, il est le plus élevé. Mettre les containers du bateau sur le quai (dépotage) prend 3 à 4 jours en Afrique pour moins d'une journée en Europe. Du coup, les autres bateaux attendent durant 28 heures en Afrique et cela joue sur le prix des produits. A cela, la situation provoque des conflits avec les pays dépendants des ports d'autres pays. Enfin, il y a des problèmes d'insécurité dans ces ports. Des containers disparaissent mystérieusement. Dans le port de Tema, 8% à 10% de la cargaison disparaissait. Le seul pays dont le volume des containers est conséquent étant Durban (Afrique du Sud coté Asie). C'est à peu près pareil sur la côte Est de l'Afrique.
Pour les routes, on constate que le treillage s'est bien densifié mais pour des transports lents. En effet, ce sont souvent des pistes pour les gens à pied, les vélos, les voitures lentes et résistantes, … Il n'y a pas de routes bitumées, la vitesse ne suit pas le treillage. Les capitales sont rarement reliées directement par des routes bitumées alors qu'elles fonctionnent de concert dans plusieurs domaines (liens économiques, familiaux, commerciaux, …). Le projet de la Côtière prévu depuis longtemps est toujours loin d'être achevée. En moyenne 10% des routes sont revêtues en Afrique du Sud. Il n'y a pas de réseau bitumé maillé, les pistes seulement sont maillées mais elles ne sont pas adaptées. L'exigence des autres pays pour venir implanter des entreprises étant le bitumage des routes, l'urgence d'investissement devrait venir, seulement la fabrication coûte chère et l'entretien aussi, surtout que les transports abiment vite les routes.
Les chemins de fer sont aussi catastrophiques leur maillage est plus que faible et sans ramifications.
B. Des obstacles qui ne sont pas toujours ceux que l'on croit
Les difficultés des transports en Afrique ne sont pas le fruit d'obstacles physiques ni de difficultés techniques particulières. Le seul véritable obstacle est la saison de pluies avec des crues si fortes et une qualité de routes si faible que le climat détruit les infrastructures.
Or parmi les conditions déterminantes, on a ensuite l'insécurité. On évite les circulations la nuit, on évite de voyager seul et on se déplace en convoi. Cela fait les bénéfices des villes étapes avec les marchés, les hôtels, les restaurants, …
La guerre redéfinit les flux et les lieux de développement. Ainsi la guerre en Côte d'Ivoire a donné son élan aux ports voisins d'Abidjan et aux réseaux évitant le pays en guerre.
Les réseaux d'avions sont aussi très peu nombreux. Les grands aéroports sont limités et rarement en bon état. De plus, les hubs principaux sont pour l'Afrique de l'Ouest, Roissy Charles de Gaulle, et pour l'Afrique de l'Ouest, c'est Heathrow. Le trajet est souvent long mais l'avion reste peu dans ces pays : on part de jours et pour des raisons de coût de stationnement, d'insécurité, de qualité d'essence, … et on rentre vite de nuit. L'Air Africa, surnommée Air « ça m'est égal » est devenu Air Sénégal, devenu Air « Peut-être » . Il reste Kenya Airways, Ethiopian Airways et ??? Airways qui sont fiables.
Les efforts de modernisation lents et sélectifs accroissant les disparités spatiales
Des transporteurs restent présents en Afrique et investissent dans des projets qui deviennent souvent privés par la suite. Bolloré investit notamment en Afrique de l'Ouest. Le projet NEPAD, grand projet de dirigeants africains pour moderniser les infrastructures africaines, on trouve un lien de Dakar à N'Djamena et la Cotière de Dakar à Lagos. Qui va entretenir ces routes ? Des investisseurs privés certainement qui mettraient des péages pas forcément efficaces.
Enfin il existe les projet de corridors : désenclaver quatre pays d'Afrique Australe via des trajets en différents transports. Le premier part vers l'Atlantique, le second vers l'Indien. Au nouveau des douanes, il n'y a plus de taxes. Ce genre de corridors est très bien entretenu car il est privatisé et payant. Mais ce genre d'initiatives ne sert pas les individus habitant aux alentours, c'est à destination des grandes entreprises en générale.
Ce genre d'initiatives accroit les différences régionales entre des régions développées et efficaces et d'autres toujours en retard sur la modernité des réseaux.
Antique 29 - 11
Les tyrannicides Harmodios (l'imberbe) et Aristogiton (le barbu)
Avec le fond rouge ça fait encore plus peur ...
Il revient une troisième fois, par les armes. Il débarque à Marathon (comme son fils menant les Perses le fera ensuite) passe par Pallénè de nuit où se trouve un temple d'Athéna. Il campe dans cette ville et un devin venu d'Acarnanie (Nord de la Grèce), appelé Amphilytos, lui fait une prédiction « Le filet est jeté, les rets sont déployés, pendant la nuit à la lueur de la lune, les thons s'y précipiteront ». Les poissons vont être piégés dans la nuit, Pisistrate y voit le signe de sa victoire et attaque de nuit et obtient une victoire car ses ennemis n'étaient pas prêts à combattre. La victoire est donc conditionné par un devin or cela fait référence à l'Odyssée, la scène finale lorsque Ulysse reprend le pouvoir à Ithaque sur prédiction d'un oracle et sous la protection d'Athéna. Ainsi Pisistrate montre qu'il a la protection d'Athéna, une des représentations de la métis, il prend le pouvoir par la ruse (de nuit) avec l'aval des dieux.
Cette relation avec Athéna, Pisistrate la cultivera durant son règne. Il va réformer les Panathénées en augmenter la durée, multiplier les concours qui ont lieu, … Il va aussi construire le temple d'Athéna Polias pour illustrer l'appui divin et la relation particulière qu'ils entretiennent avec la divinité. Les Pisistratides vont prendre aussi soin de manipuler à leur avantage les épopées homériques, d'autant plus, que c'est à cette époque que ces poèmes sont mis à l'écrit. Ainsi, les Pisistratides vont modifier certains vers, particulièrement ceux qui mettaient à mal l'image de Thésée, héros athénien. De plus, une nouvelle figure apparaît dans l'histoire de l'Odyssée, Pisistrate, qui accompagne Télémaque dans sa quête pour retrouver son père. Cette figure serait aussi le plus jeune fils de Nestor.
Cette propagande s'effondre avec la chute des tyrannies qui voit une contre-propagande se mettre en place pour délégitimer le tyran.
La création d'une légende anti-tyrannique
La fin des Kypsélides : Œdipe à Corinthe ?
La fin de la tyrannie des Kypsélides est influencée par l'histoire d'un héros mythique, Œdipe. Il s'agit de justifier la chute de la tyrannie. C'est Vernant qui constate les parallèles entre Œdipe et Kypsélos. Tout deux sont descendants de boiteux, tout deux rencontrent un oracle qui annonce leur avenir royal, tout deux s'en sortent miraculeusement, tout deux prennent la tête de leur ville natale. Il y a donc une concordance dans la phase ascendante.
Par contre l'histoire d'Œdipe se finit mal, pas Kypsélos où c'est plutôt son fils Périandre. La chute intervient une génération plus tard. Kypsélos est l'Œdipe victorieux, Périandre, l'Œdipe qui finit mal. Périandre mène la terreur dans sa cité, il a pris conseil auprès de Thrasybule, tyran de Milet. Celui-ci emmène l'ambassadeur de Périandre et Thrasybule décapite tout les épis qui dépassent la taille moyenne. L'ambassadeur revient à Corinthe, raconte à son maître ce qu'il a vu et Périandre comprend qu'il doit décapiter tout les hommes supérieurs à la moyenne, il sème la terreur chez toutes les élites de sa ville. Cette politique de terreur s'exerce donc dans la cité. La terreur se propage même en dehors de la cité, à Corcyre, colonie corinthienne, où il envoie son fils mettre de l'ordre. Ce fils est tué par les habitants de Corcyre. Périandre effectue une vendetta et saisit 300 jeunes hommes qu'il envoie chez Alyattès, roi de Lydie où ils deviennent eunuques, illustrant la mort de la civilisation. Heureusement, le bateau détourné par les Samiens stoppera cette terreur, le caractère transgressif de Périandre. Enfin cette terreur et cette transgression s'exerce aussi dans sa famille. Périandre se brouille avec son beau-père, Proklès tyran d'Epidaure, représentant la génération d'avant ; son second fils, représentant la génération d'après et puis il tue dans un accès de rage Melissa, sa femme avant de coucher avec son cadavre, représentant sa génération. Son fantôme vient le tourmenter pour lui signifier qu'il a mis son « pain dans un four froid ». Il y a donc une structure similaire entre Œdipe et Périandre.
Bien sur cette légende noire est construite après la mort naturelle de Périandre et l'effondrement du régime. C'est certainement à cette époque que le second oracle s'adressant à Kypsélos dans le mythe, se voit rajouter une phrase dans sa citation « Heureux cet homme qui descend dans ma demeure, Kypsélos, fils d'Eétion, roi de l'illustre Corinthe, lui et ses fils, mais non plus les fils de ses fils ». Après Périandre le régime devait s'effondrer, ce qui est facile à dire après coup.
Notons que Hérodote, l'auteur de cette légende fut touché par la tyrannie d'Halicarnasse. Sa famille a du fuir à Samos, sous la colère de Lygdamis qui haïssait sa famille qui était opposée au tyran local. Hérodote se fait l'écho de la vision négative des tyrans parce que sa famille fut touchée mais aussi parce que exilé à Athènes, Hérodote a été influencé par la construction démocratique athénienne contre la tyrannie.
Le tyrannicide d'Hipparque : un mythe démocratique athénien ?
Tyrannicide signifie « tueur de tyran ». Cela évoque la mort d'Hipparque lors des Panathénées par deux hommes amants Harmodios (l'éphèbe) et Aristogiton (l'homme mur). Harmodios et Aristogiton vont tuer Hipparque en -514. Immédiatement dans la réplique Harmodios est tué, Aristogiton est arrêté, torturé, demande à donner la main à Hippias (signe d'amitié) pour lui livrer les noms des complices du meurtre. Quand Hippias lui donne la main, Aristigiton lui annonce, que la main qu'il tient est celle de l'assassin de son frère, Hippias furieux l'achève.
Si Thucydide souligne que les tyrannicides n'ont rien résolu puisque la tyrannie va durer encore quatre ans, et qu'il s'agissait d'une vendetta, les Athéniens eux vont les sacraliser avec une statue représentant les deux tyrannicides, seules statues illustrant des hommes ayant réellement existé. Tout les deux sur la statue sont nus, donc proche de la représentation des héros, et sont figés dans l'action, au moment où ils vont tuer Hippias. Ce groupe statuaire est élevé au début du – V° siècle, les Perses avec Xersès vont le voler et les Athéniens vont alors ériger un nouveau groupe statuaire sur l'agora. Ce groupe devient alors la représentation de l'opposition contre toutes formes d'oppression suite au vol perse. Cela va alors influencer d'autres héros, notamment Thésée qui sera représenté dans les poses des deux tyrannicides sur la frise de l'Héphaistion ou encore sur la vaisselle de banquet. Tout deux sont des figures démocratiques qui représentent l'isonomie. Pour les Grecs, Thésée avait instauré l'isonomie à Athènes en abandonnant le pouvoir pour le donner au peuple, d'un autre coté, les tyrannicides ont tué un tyran et pour les Athéniens, ils leur semblaient qu'ils avaient tué la tyrannie et donc avaient aussi fondé l'isonomie. D'où cet échange des postures dans l'iconographie, Thésée et les tyrannicides sont deux fondateurs pour les Athéniens de l'isonomie.
La légende noire anti-tyrannique utilise les ressources du mythe pour délégitimer l'image du tyran.
L'enfance du Minotaure, n'a pas toujours du être facile.
Les mythes politiques athéniens : la geste de Thésée
Thésée est le héros athénien par excellence est la figure la plus populaire de la cité athénienne. Son histoire est connue en entière de sa naissance à sa mort par des textes et des images de sa légende. Cela remonte déjà à l'époque archaïque et montre comment les mythes sont transformés. Au départ, Thésée est un grand héros panhellénique. A l'époque classique, – V° siècle et – IV° siècle, il prend les traits d'un héros à la dimension athénienne et joue un rôle politique. A tel point que les récits romains le font athénien seulement. La figure de Thésée est destinée à justifier la politique athénienne, il a donc été adapté et modifié au bon vouloir de la cité.
Au départ il représente le grand héros de la jeunesse dans le « cycle crétois », en calquant son attitude sur Thésée, les jeunes assurent une bonne reproduction civique. A l'époque classique, il assure d'autres fonctions, il devient le fondateur de la cité athénienne, héros du synoecisme. Une dernière métamorphose a lieu à ma même époque puisque après les guerres médiques, Cimon va utiliser son image pour justifier la domination des mers d'Athènes au sein de la ligue de Délos.
Thésée et le Minotaure : le héros de l'initiation
La sage de Thésée en Crète
L'épisode crétois de Thésée en Crète date de l'Odyssée et on a déjà à l'époque archaïque des représentations de ce passage. Il est encore un héros panhellénique.
Thésée est le fils illégitime d'Égée, reconnu par son père. Il se rend en Crète pour rapporter le tribut que les Athéniens doivent à Minos, roi souverain qui règne sur toute la Crète. Le tribut en question est d'apporter tout les neuf ans un certain nombre de jeunes garçons et de jeunes filles à Minos. Athènes est alors dominée par la Crète. Ce tribut est donné à manger au Minotaure, fils de Pasiphaé, femme de Minos, et d'un taureau. En effet, Minos sacrifiait chaque année son plus beau taureau à Poséidon. Or une année, le taureau trop beau est échangé par Minos contre le second plus beau taureau. Poséidon en colère provoque un amour entre Pasiphaé et le taureau. La femme de Minos s'introduit dans une vache en bois construite par Dédale. Elle enfante ensuite le Minotaure.
Thésée machine une première ruse, au lieu de 7 filles et 7 garçons, il met 9 garçons (2 déguisés en filles) et 5 filles. Le rôle de travestissement comme rite initiatique de jeunesse est important. Arrivé en Crète, Thésée est accueillit par Ariane, fille de Minos. Il va la séduire et grâce à elle peut retrouver son chemin dans le labyrinthe après avoir tué le Minotaure et libéré les jeunes Athéniens, grâce au fil. Il embarque alors avec les Athéniens et Ariane pour rentrer à Athènes.
lundi 5 décembre 2011
Moderne 29 - 11
Temporalités et discipline de travail
Ces temporalités semblent radicalement différentes de la proto-industrie. Pour les activités industrielles rurales, il y a une auto-gestion du temps. Les paysans-ouvriers travaillent quand ils le veulent, en général après la journée de travail paysan. On a alors du mal à mesurer ce temps de travail qui s'organise en filant en communauté et en discutant, il y a un mélange du temps de travail et de loisir dans ces circonstances. La fileuse en est le symbole, les tisseurs ruraux par contre doivent travailler avec une machine encombrante qui demande une pièce de travail. Au fur et à mesure que les activités proto-industrielles se développent, le tisseur y passe sa journée, laissant le travail agricole à sa femme et ses enfants. Du coup, avec le cadre du putting-out syst
em, il y a des délais de livraisons qui obligent le fabricant à contrôler son temps de travail (15 jours pour faire une pièce réparti comme on veut mais doit être prête).
Dans les manufactures concentrées par contre, il y a au XVIII° siècle des règlements de manufactures qui organisent le temps de travail qui dans ce type d'enceinte est scandé par la cloche de travail indiquant les temps de pause et de reprise du travail. Le rythme des tondeurs à Sedan : ils entrent à la boutique à 5h30, ont une pose de 8h à 8h30, pause de 12h à 13h30, puis travaillent jusqu'à 19h, ne pouvant quitter leur travail sans « cause légitime ». Les règlements ont aussi tout une série d'amendes pour ceux qui se distrairaient dans le cadre de leur travail. Dans les papèteries, on voit se développer une forme de travail d'équipe comme à Thiers où sur 20h deux équipes tournent l'une de 4h à 12h, suivie de l'autre. Il y aussi un rodage avec 6h de travail, 6h de pause, … Mais ce n'est pas des règlements totalement respectés, par exemple, les ouvriers qui viennent travailler à 4h du matin viennent à 2h ou 3h pour se dégager du temps libre ensuite et pouvoir faire une autre tâche à coté.. Les patrons crient alors au scandale puisque cela les contraint de payer plus de bougies, …
La discipline des manufactures est un problème constant, strictement contrôlé dans les fabriques par un personnel qualifié, chargé de les surveiller. Les deux grands modes de rémunérations sont un soucis. La rémunération au temps de travail (souvent paye à la journée) fait que l'ouvrier peut très bien ne rien faire durant ce temps. La rémunération à la pièce, le travail peut être bâclé pour en faire plus et gagner plus. Du coup, surtout dans les manufactures de qualités, on combine la rémunération au temps et à la quantité produite. On a donc des systèmes de de rémunération à la productivité. Du coup, ceux qui en font moins que prévu sont pénalisés, ceux qui en font plus bénéficient dans un certain cadre (de qualité entre autres) d'une augmentation. Les mesures de la quantification du travail se développent avec la rationalisation du travail et la discipline du travail qu'on retrouve ensuite au XIX° siècle.
Un modèle de subordination
Le contrat salarié est un rapport asymétrique avec subordination du travailleur à son employeur.
Existe-t-il des « contrats de travail » sous l'Ancien régime ?
Les historiens du droit considèrent qu'il n'y a pas de tels contrats de travail puisqu'il n'y a pas de notion générale de travail, il n'y a pas de notion juridique du travail avant la seconde moitié du XIX° siècle. Par contre il existe bien des contrats notariés entre compagnons et maîtres, maîtres et apprentis, … Cela se voit à la ville comme à la campagne. Mais ils sont rares puisqu'il existait de nombreux contrats oraux si ce n'est des allusions à la coutume. Tout ces contrats sont des contrats d'allouage, location de main de main d'œuvre supposant la disponibilité entière de la personne le temps que dure le contrat, il n'y a pas de différences entre l'allouage domestique, l'allouage d'un compagnon ou l'allouage d'un ouvrier de manufacture. Mais de plus en plus, ces contrats précisent les engagements du travail, les amendes en cas d'infractions, les salaires, … toutes ces clauses font que le disponibilité de l'ouvrier n'est plus pleine et entière mais soumise à l'employeur. Pour ce dernier cela empêche les ouvriers de faire ce qu'ils veulent, mais c'est aussi un moyen pour l'ouvrier de protester contre es abus de leur employeurs.
Du coup, qui résout les conflits du travail ? Cela va très peu aux tribunaux royaux.
La police du monde du travail
C'est Steve Kaplan qui en 1979 produit un premier écrit. Il montre justement comment la police à partir du XVII° siècle va s'occuper de plus en plus en dernier ressort bien sur, des conflits de travail. Ces officiers sont persuadés que les classes inférieures de la population sont toujours agitées et qu'il faut les contrôler. Potentiellement les ouvriers et les patrons s'opposent à leurs yeux. Mais les ouvriers restent des « hordes sauvages » selon Des Essarts, ils sont dangereux car ne tiennent à rien du fait qu'ils n'ont pas de propriétés. La police dénombre 300 000 personnes à surveiller et dont il faut réfréner les débordements possibles. Il y a donc une unité imposée de l'extérieur à qui il faut faire admettre la subordination. Alors qu'au sein même des classes laborieuses, chacun se considère différent des autres, la police y voit une unité.
Pour la police, l'ouvrier doit avoir la même soumission à son patron que le domestique à son maître. De fait dans les ordonnances de police domestiques et ouvriers sont souvent traités ensemble. L'ordonnance de 1720 reproche aux compagnons, domestiques et ouvriers le manque de soumission et de respect à leur maître. C'est parce qu'ils y sont assimilés que les ouvriers voient les contentieux avec leurs employeurs ???. Au contraire, les compagnons du monde artisanal n'ont de cesse d'affirmer qu'ils ne sont pas des laquais.
La liberté de quitter son travail ?
Dans le domaine artisanal, souvent les contrats supposent un temps d'engagement donné. D'une façon générale, la fixation de la main d'œuvre est une préoccupation constante des employeurs à l'époque moderne. La forte mobilité des ouvriers entraîne une tentative d'imposition de sédentarisation. Il y a donc une obligation faite par les maîtres à leurs ouvriers de ne pas quitter l'ouvrage sans un préavis. En retour, les maîtres ne devraient pas pouvoir licencier du jour au lendemain leurs ouvriers. 5 jours pour des boulangers, 1 mois pour des potiers. La réciprocité est limitée dans le cadre des corporations. Dans le cas de la manufacture de Glaces, il doit prévenir 2 ans à l'avance, mais le contrôle et ses pratiques restent restreintes (on peut changer de nom pour ne pas être suivi).
Souvent le préavis ne suffit pas, il faut en général finir sa pièce avant de pouvoir partir. Enfin il faut surtout avoir rembourser ses dettes avant de pouvoir partir. En-dehors de toutes obligations écrites, le système d'avances faites aux ouvriers est un moyen de les fixer puisqu'ils doivent rembourser leurs maîtres avant.
De plus en plus, l'obligation du congé écrit s'impose. Tout ouvrier pour quitter son maître doit obtenir un mot écrit de son maître. Cela est parfois précoce (dès le XIII° siècle) mais est imposé par l'ordonnance de 1729 et l'Édit de 1749 le réaffirme. C'est l'obligation pour tout ouvrier pour être réembaucher chez un maître d'être porteur de ce billet sous peine de sanctions. Tout ouvrier qui n'a pas ce billet, ni de travail est considérer comme vagabond et passe sous le coup des règlements de ce statut. De plus, le billet de congé contient une note sur la satisfaction procurée par l'ouvrier. Difficile encore de mesurer ces billets étant donné qu'ils n'étaient pas conservé. Par contre ce billet est à l'origine de nombreux conflits. La police doit alors jugé si le maître devait donner le billet ou si l'ouvrier pouvait partir, mais en général, la police considère que quitter son maître c'est une forme de rébellion.
A défaut de la définition pratique de ce billet, la lettre patente du 12 septembre 1781 instaure un livret pour les ouvriers où celui-ci est identifié, enregistre ses entrées et ses sorties. Tout ouvrier devient vagabond s'il n'a pas de livret sur lui. La mobilité croissante du XVIII° siècle tente de nouveau d'être contrôlée.
François Quesnay
Dynamiques institutionnelles du travail : de Colbert à la monarchie de juillet
L'objectif est de voir les évolutions dans les conceptions et l'encadrement du travail depuis Colbert qui tente de généraliser les corporations en 1773, la création d'inspecteurs de manufactures en 1769 et le développement des manufactures royales, jusqu'à la monarchie de juillet.
Le développement de l'économie politique libérale et l'abolition des corvées et des corporations
Le développement de l'économie politique
A. Une discipline nouvelle
Cette économie politique est une discipline nouvelle au XVIII° siècle qui s'autonomise progressivement par rapport à d'autres champs de pensée. On peut se référer à Meyssonnier La balance et l'horloge, 1989 ; Larrère (Catherine) L'invention de l'économie au XVIII° siècle, 1992 ; Grenier Histoire de la pensée économique et politique en France d'Ancien Régime, 2007.
L'économie devient une science dans la première moitié du XVIII° siècle et prend son essor ensuite. Les deux hypothèses théoriques essentielles sont posées dès la fin du XVIII° siècle : la meilleure façon de participer à l'intérêt collectif est de laisser chacun poursuivre son propre intérêt ; le fonctionnement d'une économie doit être compris en s'intéressant à l'agrégation des comportements individuels. L'intérêt individuel est au centre de ces théories.
Deux sources principales forment cette science. Le jansénisme, courant religieux proche de Saint Augustin. La vision de la nature humaine est pessimiste, nous serions corrompus depuis le péché originel et la vie en société est un constant antagonisme entre les intérêts privés dans la société. Du coup, chacun doit trouver des accommodements avec les autres pour assouvir son besoin. La raison est dominée par les passions et cela aboutit à des compromis entre passions personnelles de différents individus. L'image de l'hôte devient significative, le christianisme doit accueillir son prochain par charité, en réalité il reçoit par égoïsme pour être payé selon Pierre Nicole, Essais de morale, 1675. Cette image se retrouve chez Smith par la suite.
Pour les jansénistes, il faut un État politique fort pour maintenir les hiérarchies sociales. Ces idées se retrouvent chez un des premiers économistes français : Boisguilbert dans Détail de la France (1695) et Dissertation de la nature des richesses, de l'argent et des tributs (1707). Il y aurait un ordre naturel de la sphère économique qu'il faut retrouver. La cohérence de la société tient surtout aux fondements économiques, plus que politiques. Il y aurait alors interdépendance entre les acteurs économiques via la notion de « circuits économiques ». Ce sont des circuits entre les acteurs par les échanges commerciaux. L'idée est centrale en économie au XVIII° siècle. Cette interdépendance des acteurs montre que l'ajustement des intérêts individuels se fait pour le bien collectif.
L'autre source vient de Mandeville, un Hollandais d'origine française émigré à Londres. Dans La fable des abeilles, 1714, il compare l'image de la société humaine comme une riche d'abeilles où « les vices privés font le bien public ». L'avidité, l'envie maintient dans la ruche l'esprit d'invention et surtout la consommation. Au premier rang de ces vices, il y aurait la passion des biens matériels suivi du luxe. Cette idée se retrouve ensuite chez Hume puis Smith. L'influence de Mandeville en France est tardif et reste moins connu que Boisguilbert ou Nicole.
B. Les « libéraux égalitaires », Meyssonier
Ils se distinguent des libéraux du XIX° siècle, puisque les nôtres ne sont pas pour une société égalitaire mais ne négligent pas le rôle de l'État dans l'économie. Dans ce courant très varié, on trouve Vincent de Gournay qui est fils de négociant et qui reprend les activités de son père à Cadix. Il devient un proche du secrétaire d'État à la Marine en tant que praticien de l'économie. Il montre qu'il y a une forte imbrication de l'État monarchique avec les affaires et la pensée économique. Il devient intendant de commerce ensuite et donc membre du Bureau de commerce dans laquelle on propose des ordonnances sur les régulations économiques. Dans ce bureau, il joue un rôle important en animant un groupe autour de lui de gens plus jeunes qu'il ne l'est et qui prolongeront ses idées (Turgot est dedans). Ils ne sont pas tous d'accord entre eux mais trois points principaux reviennent : le pragmatisme sur les dogmes il est préférable d'étudier au cas par cas, la richesse de l'économie d'un pays est basée sur le travail et sur la terre et enfin ils reprennent la notion de circuit économique de Boisguilbert. Pour favoriser ce dernier point, ils estiment qu'il faut libéraliser les échanges car l'idée de concurrence est au centre du circuit économique qui peut ainsi se réguler spontanément.
Mais l'État joue un rôle, il doit réformer par le haut et en cas de conflit avec le marché, l'État doit dire le bien collectif et général. L'ordre naturel du marché est repris modérément.
C. Les physiocrates
C'est une école de pensée très dogmatique, leurs adversaires les appelant « la secte » sous l'égide de leur maître François Quesnay, Tableau économique, 1758. Membre d'une famille ???, il fait des études de médecine, soigne la Pompadour et est anobli. Il rédige l'article « fermier » de l'Encyclopédie. Il analyse la structuration des biens en rapport avec la structure sociale dans son œuvre. Il revendique un statut scientifique pour les lois qui gouvernent l'économie. Il est très abstrait dans son écrit auquel se réfèrent les physiocrates.
Mirabeau le suit et rédige Théorie de l'impôt en 1760, Dupont de Nemours aussi avec De l'origine et du prgrès d'une science nouvelle en 1768, puis viennent l'abbé Baudeau qui dirigera le journal Ephemérides du citoyen, publié entre 1762 et 1772 ou encore Le Trosne et Mercier de la Rivière.
Il y aurait un ordre naturel voulu par Dieu pour le bonheur de l'humanité et que chacun se doit de mettre en œuvre. Cet ordre s'oppose à l'ordre artificiel établit par les hommes, vicié et contraire à la prospérité générale. Le roi et l'État doivent revenir à l'ordre naturel fondé sur le droit de propriété (venu de la pensée politique de Locke) et sur l'inégalité des richesses. Le paradoxe est d'innover en économie pour justifier l'ordre social ancien. Il y a une théorie de la valeur qui est définie à partir de la richesse dont la seule source de richesse est la terre. Seul l'exploitant de la terre produit de la richesse et dégage un produit brut, un surplus de richesses obtenus par l'acte productif une fois utilisées les dépenses. Ce produit net va ensuite circuler entre les trois classes de la société qui sont pour la classe productive, les agriculteurs, la classe propriétaire de la terre uniquement pour Quesnay et la classe stérile, celle qui transforme les biens créés par la classe productive.
De cette conception de richesses découle une théorie de l'impôt qui est que celui-ci ne doit porté que sur le produit net donc l'agriculture et être payé par les propriétaires nobles ou non. Parallèlement, le travail n'étant pas en lui-même productif, celui-ci ne vaut que son coût, que la subsistance nécessaire à la survie du travailleur. Pour les libéraux égalitaires, la valeur est supérieure à son coût puisque le travail est producteur de richesses. Libéraux et physiocrates se rejoignent sur la critique du système d'imposition de l'Ancien régime et sur l'organisation du travail avec les corporations et l'action réformatrice de Turgot qui s'en suit.
